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Shelby Oaks

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Rémy Fiers

Recyclage en mode pot-pourri.

Chris Stuckmann est un Youtubeur célèbre spécialisé dans la critique de cinéma et fan de films de genre. Ses avis sont suivis par plus de deux millions de personnes et il est devenu une personne reconnue dans le milieu. À l’annonce de la mise en scène de son premier film produit par le grand Mike Flanagan à qui il a tapé dans l’oeil (la série « La chute de la maison Usher » et bientôt « Carrie » ou les films « Doctor Sleep » et « Life of Chuck »), la sphère du cinéma bis anglophone s’est mise en émoi. Son « Shelby Oaks » a d’ailleurs fait la tournée des festivals de films consacrés l’été passé en s’accaparant une réputation flatteuse de petite sensation de cinéma indépendant. Et on ne pourra nier que le film est pétri de bonnes intentions et que l’amour de Stuckmann pour le cinéma horrifique qui le passionne tant est perceptible à l’écran. Mais cela ne veut pas dire que c’est un bon film et il y a fort à parier que l’emballement général était un peu surfait, comme créé par sa base de fans pour remercier le travail de critique et de Youtubeur du néo-cinéaste. En l’état, son « Shelby Oaks » n’est pas non plus déshonorant ou foncièrement mauvais. C’est juste un tout petit long-métrage d’horreur générique et oubliable qui s’apparente davantage à un recyclage de tout ce qui constitue le cinéma de genre contemporain depuis deux ou trois décennies qu’autre chose. Un véritable pot-pourri d’idées et de films qui ont dû bercer le critique et qu’il a régurgité de manière pas toujours maîtrisée et quelque peu erratique.

Les débuts sont pourtant prometteurs avec ce mélange de found-footage et de documentaire qui instaure un mystère intéressant. Il y a également quelques scènes d’effroi qui glacent le sang à deux ou trois reprises. Malgré ces quelques séquences qui font froid dans le dos, il y a quand même bien plus de scories à noter que de choses véritablement novatrices et réussies. Déjà on ne peut pas dire que l’acting soit de haut niveau mais c’est propre à beaucoup de séries B horrifiques. Ensuite, moins pardonnable, les invraisemblances pleuvent. On est dans le fantastique et l’horreur certes mais tout de même. La plus grosse d’entre elles: la sœur qui part toute seule en pleine nuit dans une ancienne prison réputée être hantée pour enquêter... Vraiment ? En 2026, ce genre de situation prête plus à rire qu’autre chose. Mais le plus gênant dans « Shelby Oaks » reste sans conteste, ce gloubi-boulga d’influences recrachées petit à petit au début du film puis de plus en plus lâchées n’importe comment au fur et à mesure qu’il avance. Entre les enquêteurs paranormaux, la maison hantée, les esprits, le démon, le bébé, la sorcière, les possessions, la ville fantôme, ... C’est trop. Et mixé un peu n’importe comment comme si Stuckmann avait décidé de mettre à l’écran l’inventaire de ses connaissances du genre. Et puis l’épilogue ne fait pas vraiment de sens et l’intrigue n’étant pas plus claire. On reconnaîtra au jeune homme une atmosphère inquiétante plutôt bien sentie et une mise en scène professionnelle mais c’est plus décevant qu’autre chose.

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