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Seule au front

Critiques des membres

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3.5Très bon
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2 critiques

Très bon
Rémy Fiers

Seule contre tous.

On avait connu la réalisatrice québécoise Mélanie Charbonneau ave le très charmant, pétillant et juste « Fabuleuses » qui suivait les pérégrinations de trois influenceuses à Montréal. Une première œuvre légère, fraîche et drôle. Changement radical de registre et virage à 180 degrés pour la cinéaste puisqu’elle nous propose cette fois un film dur et sombre tiré d’une histoire vraie sur la première femme à s’être engagée dans les forces armées au Canada. Une jeune femme en avance sur son temps qui a subi discrimination, harcèlement et machisme durant ses entraînements puis sur le terrain à tel point que son histoire a remué l’administration militaire et les médias de l’époque, au début des années 90. Charbonneau en tire une œuvre forte, racée, intéressante et poignante.

Le risque était de sombrer dans le biopic classique avec une attaque en bonne et due forme de la masculinité, un portrait très à charge contre l’armée et les hommes. Mais « Seule au front » qui est tiré du livre éponyme écrit par ladite soldate, Sandra Perron, dispose d’un script nuancé où on évite soigneusement les pièges du manichéisme qui pendaient au nez d’une telle histoire. On développe ici davantage la force de caractère et la résilience de Perron que la bêtise et la masculinité toxique de ses camarades militaires et de ses chefs. Et on montre bien qu’ils ne sont pas tous comme cela. Le côté machiste de l’armée est montré sans fard mais sans excès non plus et on comprend bien que « l’exercice du prisonnier », celui où tout a été trop loin, n’est pas censé se dérouler de la sorte.

Nina Kiri (Of Glen dans « La Servante écarlate ») est impressionnante et parfaite pour le rôle, se révélant aussi forte quand il faut dans les moments au centre d’entraînement que fragile lorsque le scandale éclate. Cette jeune actrice époustouflante fait pour beaucoup dans la réussite du film qu’elle porte sur ses frêles épaules. La mise en scène de Charbonneau est adéquate, dans les tonalités de gris pour l’image et jamais dans l’immobilisme illustratif pour les mouvements de caméra. On n’a pas le temps de s’ennuyer et, par certains aspects, le film donne l’impression d’avoir un budget conséquent alors que ce n’est pas le cas.

« Seule au front » déploie donc bon nombre de qualités et s’avère haletant de bout en bout. Le montage alterné entre le présent en 1995, quand débute l’enquête sur les méfaits, et que l’on voit les conséquences de cette affaire avec la partie de l’engagement et de l’entraînement de Perron en 1991 donne du pep au film. Il y a bien sûr quelques passages obligés dont ceux à l’entraînement et un discours final qui n’émeut pas autant qu’espéré. Néanmoins, cette œuvre profondément féministe sans avoir à en faire trop est parfaitement convaincante dans les grandes lignes et montre un destin qui avait tout pour être porté sur le grand écran. Charbonneau ne trahit jamais Perron et lui offre donc un bel hommage.

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Très bon
Marjolaine Grenier

Marjolaine

Bon film à voir inspiré d un fait vécu