Le personnage et rien d'autre
Luc Besson est une plaie, je le dis et le pense depuis
longtemps, mais d'avoir décidé sans raisons de transformer un téléfilm
de trois heures en un film de deux heures c'était une erreur avant même
de le faire et Sagan en est la preuve.
On se retrouve avec un
film où il manque tellement d'éléments qu'on en vient avec une
sensation très anecdotique pas super accrocheuse, où les idées et les
avenues se perdent sans s'enfoncer. Une impression que rien n'est pas
très défini autant dans les personnages en soi que dans leurs relations
et même dans les situations choisies.
Ça passe en un éclair et on est pas certain d'y avoir senti grand chose, mis à part une seule: Sagan.
Dès
lors, on oublie cette réalisation qui convient parfaitement aux
téléfilms les plus conventionnelles, ces performances non-mémorables et
le reste puisque nos yeux sont rivés sur Sylvie Testud qui incarne avec
grâce, sensibilité et justesse une François Sagan qui fascine. Non
seulement pour ses phrases d'une réflexion méticuleuse et posée, mais
aussi pour une personnalité et une attitude qui vaut le détour pour sa
sincérité et son unicité qui a fascinée et charmée. On se retrouve avec
ce genre de personnage autant qu'elle est unique, autant qu'elle n'est
pas facile à vivre pour son entourage et ceux qui veulent prendre soin
d'elle.
C'est donc dans cette façon qu'elle a d'entretenir ses
relations et ses liens avec les autres que le tout fascine et
intéresse, celle avec son fils notamment qui clôt d'ailleurs avec
tristesse le film.
Ainsi, on se désole que le soin n'est pas
été porté à tous les autres détails, aux autres situations et aux
autres personnages, puisque cela va si bien à Sagan elle-même. Oui, on
comprend que c'est le sujet principal, mais sans son ensemble, ça perd
un peu de puissance. De plus, comme le deux heures ne nous a pas tant
convaincu, on est pas nécessairement plus porté à vouloir s'essayer
avec la version de trois heures..