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Rosebush Pruning

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Rémy Fiers

Rosier desseché.

Le cinéaste brésilien Karim Aïnouz tourne depuis déjà quelques décennies mais il n’était que très peu connu en dehors de son pays si ce n’est par le biais de quelques festivals indépendants. Il y a presque dix ans, son flamboyant et magnifique « La vie invisible d’Euridice Gusmao » l’avait mis dans la lumière sur le plan international. Cependant et depuis, il ne confirme pas les promesses de ce nouveau départ avec un enchaînement de déceptions assez frustrantes. D’abord, son film d’époque sur la royauté britannique avec Jude Law et Alicia Vikander, « Le Jeu de la Reine », fut une belle douche froide et son suivant, « Motel Destino » n’avait pas conquis grand monde et se positionnait comme un film arty de niche. Avec « Rosebush Pruning » il titillait fortement nos instincts cinéphiles avec son casting quatre étoiles de jeunes étoiles montantes et sa promesse de farce acerbe qui tourne au jeu de massacre sur les nantis de ce monde. Malheureusement, c’est une troisième énorme déconvenue avec ce film raté qui coche toutes les cases du film d’auteur prétentieux, chiant et vain.

Dès les premières séquences très décousues et bavardes pour rien, on se dit que cela commence mal. Et, jamais, « Rosebush Pruning » ne va contredire cette première impression. Au contraire, il va même la confirmer durant une heure et demie qui en paraît le double tellement on se désintéresse totalement de ce qui se passe à l’écran. Il y a des scènes purement provocatrices et choquantes qui lorgnent sur du Lanthimos de la première heure ou du Michael Haneke mais sans le talent et frôlant souvent le ridicule (la séquence de masturbation au dentifrice tient le pompon du n’importe quoi et du gros et mauvais malaise!). Il y en a d’autres où il ne se passe rien. Il y a celles qui auraient pu être géniales mais qui s’avèrent la plupart du temps ratées (la sœur et sa chanson à la guitare) ou pas vraiment à la hauteur (la scène du dîner, prometteuse, mais qui retombe vite comme un soufflé). Et, au milieu de tout cela, on a quelques moments réussis (la chute de cheval) ou amusants (la première scène avec Pamela Anderson) mais bien trop rares pour tenir tout un film sur elles seules. La seule vraie qualité du long-métrage est peut-être le travail sur l’image avec un joli grain et une belle colorimétrie.

Et, pourtant, on se retrouve avec l’un des castings les plus intéressants de l’année. Entre le potentiel futur James Bond, Callum Turner, décidément partout en ce moment, Jamie « Billy Elliot » Bell, Lukas Gage (découvert dans la série « The White Lotus »), la talentueuse Riley Keough et les anciens Tracy Letts et Pamela Anderson, on avait un sacré cocktail de talents. Mais devant ce script improbable où les situations incongrues, presque absurdes, et des personnages aux réactions bizarres, s’enchaînent, ils semblent tous jouer dans un film différent. Et quand arrive le jeu de massacre, tout cela n’a aucun sens. D’ailleurs, arrivé à un moment, on ne cherche même plus à comprendre le pourquoi du comment de ce qui nous est présenté ici. Parce qu’on ne l’a pas saisi. Bref, une satire des nantis bien trop poseuse et prétentieuse qui aboutit à du vent. On est loin, très loin, dans le même genre, de l’immense « Saltburn ».

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