Crash désincarné.
Oulala! Précision, critique d’un spectateur qui n’a pas joué aux jeux. On ne va pas se mentir, cette suite/remake/reboot (difficile à vraiment savoir ce qu’est véritablement cette nouvelle mouture sur grand écran du jeu vidéo « Silent Hill ») frôle la catastrophe. Pourtant, elle se targue d’être l’adaptation du second jeu considéré par les gamers comme l’un des meilleurs jeu vidéo horrifique de tous les temps. En outre, c’est Christophe Gans qui retourne dans l’univers torturé du jeu, lui qui avait offert avec le premier « Silent Hill » en 2006, l’un des transpositions sur grand écran les plus fidèles et réussies d’un jeu vidéo au cinéma. Loin de celles de son grand concurrent dans le même genre, « Resident Evil ». Qu’on aime, qu’on déteste ou qu’on aime détester les six films de Paul W.S. Anderson avec Milla Jovovich, certains opus étaient d’agréables plaisirs coupables à défaut d’être respectueux de l’ADN des jeux. On oubliera d’ailleurs le plus fidèle mais raté « Resident Evil : retour à Racoon City » pour attendre avec impatience la version du prodige Zack Cregger, réalisateur des géniaux « Barbare » et « Évanouis ».
Pour revenir à ce « Retour à Silent Hill », on dirait que Gans a réalisé cette nouvelle version à l’instar de la première, il y a vingt ans et non en 2025, tellement le film apparaît vieux et daté sur bien des aspects en plus d’être foncièrement raté. Il n’y qu’à voir la séquence d’introduction complètement foirée et d’un kitsch gênant pour s’en convaincre. Entre la sempiternelle cigarette (ici un joint) qui tombe entraînant un freinage accidentel ou les roucoulades ridicules figurant la rencontre amoureuse entre les deux personnages principaux pour s’en convaincre. Ça commence donc mal, très mal même. Et on va retrouver ces passages fleur bleue agaçants une dizaine de fois dans le film à travers des flashbacks toujours aussi niais qui vont totalement parasiter le peu de tension des séquences horrifiques ou censées faire peur.
Durant la première moitié, il y a quand même des raisons d’espérer que le long-métrage efface cette entame douloureuse. Comme dans le premier film (on passera volontairement sur l’infâme « Silent Hill : Révélation » en 3D de 2015), Gans parvient à créer une atmosphère glauque et malsaine grâce à des décors bien faits. Problème, les arrière-plans créés numériquement sont vraiment voyants et condamnent le film à être périmé tellement ils sont ratés, dégoupillant ainsi le travail fait sur l’ambiance. On se rattrapera sur quelques visions cauchemardesques qui impactent la rétine. Elles auraient pu être plus transcendantes mais on ne peut nier que certaines mettent vraiment mal à l’aise. Elles angoissent à défaut de vraiment faire peur. On pense notamment à la première apparition de Pyramid Head et de cette femme-araignée ou encore à cette femme émasculée sortant d’un lit. Des moments tétanisants mais bien trop rares et sabordés par un film cheap et bancal.
Gans semble perdu dans sa mise en scène alternant les points de vue et les manières de filmer sans aucune logique. Le montage et la surexplication du trauma du personnage principal sont particulièrement fatigants. Et puis, plus « Retour à Silent Hill » progresse dans le temps, plus on assiste à un fiasco d’autant plus frustrant que le potentiel est là. Pas grand-chose ne va et cet objet désincarné et sans âme finit par nous lasser. La progression du personnage dans la ville devient laborieuse et le dernier tiers s’enfonce dans le n’importe quoi sans âme avec une bonne couche de dramaturgie à deux balles. Pour ne rien arranger les acteurs jouent mal et certaines séquences ressemblent en effet plus à un jeu vidéo qu’à un film de cinéma. Toujours triste d’assister à un tel fiasco mais il faut avouer que la projection fut pénible et souvent ennuyeuse.
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