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Très bon
Rémy Fiers

Espionnage industriel en mode médiation.

Quand en entend David Mackenzie, peu probable que ce patronyme parle à beaucoup de monde. Ce n’est pas un cinéaste très connu du public mais il a pourtant une longue filmographie de près de vingt-cinq ans derrière lui où il a touché à tous les styles et tous les genres alternant films américains et œuvres dans son pays natal, au Royaume-Uni. Sans savoir forcément que c’est lui derrière certains films, il a tout de même au compteur quelques pépites aussi variées et mémorables que « Toy Boy » avec Ashton Kutcher, la claque carcérale « Les poings contre les murs » avec Jack O’Connell et l’immense néo-western « Comancheria » avec Jeff Bridges, Chris Pine et Ben Foster. Sa filmographie n’est pas exempte de quelques ratés et il s’était fait discret depuis ce film et la période Covid mais le revoilà en forme. Il s’essaye encore à un nouveau genre avec ce thriller d’espionnage à tendance paranoïaque.

Et ce qui frappe le plus avec « L’Intermédiaire – Relay » est ce dont il traite pour construire son suspense. On parle ici d’un homme qui sert d’intermédiaire entre des entreprises corrompues et les lanceurs d’alerte qui tentent de les faire tomber. Un personnage qui opère par le biais d’une société téléphonique cryptée lui permettant l’anonymat. Voilà un contexte de niche particulièrement retors mais qui, ici, s’avère complètement vulgarisé par un script béton qui permet d’en extraire une intrigue accessible et limpide la plupart du temps. Tout en autorisant un fond légèrement contestataire mais pas nouveau sur les méfaits des grandes corporations (ici on a une sorte de Monsanto/Bayer en ligne de mire). Une cible facile mais toujours réjouissante et cathartique pour une grande partie des spectateurs.

Dès la scène d’introduction, Mackenzie fait preuve de son savoir-faire dans n’importe quel genre ou situation. Il nous plonge directement dans son intrigue et cet univers alternatif où les pièces du puzzle se mettent admirablement en place entre la victime, les sbires de la corporation véreuse et notre héros, ledit intermédiaire. La manière dont il opère en solo et en silence est à elle seule captivante alors que ce genre de modus operandi n’est pas forcément très spectaculaire ou cinématographique. En effet, « L’Intermédiaire – Relay » ne verse jamais dans l’action à l’hollywoodienne mais nous scotche à notre fauteuil par la précision chirurgicale de la mise en scène et un scénario en béton. On a ici le meilleur du cinéma d’espionnage moderne avec les technologies de maintenant noyées l’ultra surveillance marié à celui, paranoïaque, des années 70/80. Et le cocktail est délicieux. Le film nous prend même si quelques détails techniques ou logistiques nous échappent.

Puis, lors du final plus musclé vient un twist complètement inattendu qui nous fait écarquiller les yeux. C’est clair qu’on ne l’a pas vu venir, qu’il rebat toutes les cartes et qu’il nous surprend comme pourraient le faire les fameux twists de M. Night Shyamalan. Sauf qu’il est peut-être un peu trop extrême et balancé à la va-vite pour qu’on adhère totalement. Quelques explications entre les personnes concernées eurent été appréciées. En l’état, on a du mal à définir si on le trouve très malin ou complètement capillotracté et gratuit. Si ce n’est ce dernier acte étonnant mais pas forcément cohérent avec le reste, « L’Intermédiaire – Relay » est un bon thriller maîtrisé et qui nous immerge dans des zones inconnues, ce n’est pas si souvent.

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