Beau, bon, mais inégal
Ce n’est jamais facile de mal critiquer une oeuvre québécoise, surtout quand elle est aussi bien reçue. Le film explore les conséquences inattendues, souvent libératrices, d’un double meurtre dans un restaurant, les fameuses rédemptions du titre vécues par les témoins du crime et leur entourage impliqué indirectement dans le drame.
Une idée audacieuse gâchée par une histoire en parallèle se déroulant à Paris, le tournage d’un autre meurtre dans un restaurant. C’est peut-être une exigence liée à une coproduction Québec-France, mais toute cette trame semble improvisée, du moins plaquée à l’histoire principale. C’est un peu malaisant par moment tellement les problèmes de tournage paraissent superficiels et déconnectés de la réalité. C'est peut-être voulu.
Les comédiens sont tous bons, mais desservis par des dialogues peu inspirés. Quand Gérard Lanvin raconte à Henri Picard ses débuts en tant que comédien, on a l’impression d’entendre Luc Picard parler à son fils. C’est beau, mais appuyé, comme la plupart des scènes qui soulignent à gros traits l’émotion à ressentir. Point positif : l’action à Montréal se déroule en hiver, en pleine tempête de neige. C’est très cinématographique. D’ailleurs, la réalisation de Luc Picard est impeccable.
La finale est émouvante, il faut le dire, quand le destin de tous les personnages culmine en même temps. C’est un beau flash qui nous laisse sur une impression positive. Je pense que c’est suffisant pour la plupart des spectateurs. Moi j’ai eu du mal à oublier tous les détours que le scénario prend pour en arriver là.