Après avoir fait le ménage dans bon nombre de pays en guerre du Vietnam à l’Afghanistan en passant par la Birmanie, Sylvester Stallone nous offre un probable dernier tour de piste dans sa patrie de naissance, aux Etats-Unis donc et au Texas plus précisément, ce qui lui donne l’occasion de s’attaquer aux cartels mexicains frontaliers cette fois. L’acteur, toujours aussi increvable, voulait semble-t-il dire au revoir à son autre personnage mythique avec Rocky Balboa. Sauf que si le boxeur connaît de beaux restes après un beau final il y a dix ans grâce à un spin-off intelligent (« Creed »), ce « Rambo, last blood » nous apparaît quelque peu anachronique et désuet. Comme sorti des années 80 ou 90, à l’époque des premiers épisodes, ce qui n’est pas forcément un compliment à moins d’avoir la fibre nostalgique. Ce cinquième volet ayant pas mal de relents réactionnaires discutables, on en déduit que chaque époque a les films qu’elle mérite et que celui-ci est en adéquation avec l’ère Trump.
Voilà pour le fond. Ajoutons à cela une basique histoire de vengeance qui tient sur un ticket de métro et qui ne nous offrira aucune surprise. Mais également une mise en scène digne d’un téléfilm de seconde zone ou d’un film resté bloqué vingt ans en arrière. Alors que reste-t-il à se mettre sous la dent et qui autorise cette notation correcte me direz-vous? Et bien ce nouveau Rambo est tout à fait distrayant si l’on met ces défauts de côté. Et il passe à une vitesse folle à tel point que l’on ne voit absolument pas le temps passer. De plus, difficile de dire que le long-métrage ment sur la marchandise. On sait pourquoi on y va et même s’il n’y a aucun effort de renouvellement ou d’innovation, le contrat de base est rempli et c’est tout à fait plaisant en tant que divertissement du samedi soir.
Et puis il y a Sylvester Stallone. Son visage buriné par les années, sa dégaine fatiguée et son obstination à faire vivre et revivre encore les personnages qui l’ont rendu célèbres nous touchent. Il y a quelque chose d’émouvant et de noble à voir cet homme reprendre les armes une dernière fois comme il a repris les gants il y a dix ans pour « Rocky Balboa ». Et la dernière partie est clairement folle au premier comme au second degré. Stallone et son Rambo se muent en un croisement improbable mais jouissif entre Michael Myers et Jigsaw. Oui! Vous avez bien lu. Le film d’action braconne les terres du slasher et du film gore dans la manière où sont éliminés les hommes du cartel. L’extrême violence du film est impressionnante et sans concession; étonnant d’ailleurs qu’un tel film ait pu sortir dans le contexte actuel (voir l’annulation de la sortie de « The Hunt »). Alors même si le Mexique est vu de manière un peu clichée (on n’est pas dans « Traffic » ou dans « Sicario », mais on a vu pire), cet opus reste plaisant, efficace et sans prise de tête.
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