Le mariage de l'enfer.
Au vu du bordel en coulisses qui a eu lieu concernant la gestation de « Scream 7 », le duo de cinéastes qui avait repris les rênes de la renaissance de la franchise avec les épisodes cinq et six doit être content d’avoir été plutôt tourné le relativement sympathique film de vampires « Abigail » ainsi que la suite du film qui les a faits connaître : celle de « Wedding Nightmare » (ou « Prêt, pas prêt » au Québec et « Ready or not » en version originale). Certes, le septième volet mettant en scène Ghostface est un carton avec le meilleur score de la saga mais la production a tellement été un chemin de croix que Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin ont dû ne pas regretter de quitter le navire. Les voilà donc de retour avec la suite de leur petit succès de l’époque qui mélangeait, comme tous leurs films, les frissons et l’humour noir. Ici point de tueur comme dans les « Scream », ni de vampires comme dans « Abigail » mais le retour des familles sataniques et de leur jeu sadique.
« Wedding Nightmare, chapitre 2 » reprend à la minute suivant la fin du premier, quand Grace se réveille à l’hôpital après avoir survécu au jeu contre la famille De Lomas et leur culte envers Satan. Pour qu’une suite soit réussie ou évite la redite, en général, il y a deux options. Soit complètement changer la donne pour prendre une toute nouvelle direction, soit adopter la règle du plus et du double. Cette suite opte pour la seconde option et nous livre un film plus gore et cette fois avec deux héroïnes et plusieurs familles, comme le palier supérieur d’un jeu vidéo. Les cinéastes retrouvent leurs deux Scream Queens personnifiées par Samara Weaving, héroïne du premier et première victime de « Scream VI », ainsi que Kathryn Newton, déjà dans « Abigail ». Des final girls, spécialistes des films de genre, qui ne déméritent pas même si leur trauma est cliché et presque risible et que d’avoir deux proies dans cette chasse à la femme ne change finalement pas grand-chose. Quant à cette organisation mondiale avec plusieurs familles soumises à Satan pour régner sur le monde, elle fait plonger le film dans le folklore conspirationniste avec humour même si la mythologie est un peu inutilement et illogiquement complexifiée. Le script s’embourbe parfois à nous édicter les règles et lois des méchants pour pas grand-chose.
La mise en scène du duo est toujours alerte et « Wedding Nightmare, chapitre 2 » est encore une fois généreux en scènes gores et poursuites ludiques. D’ailleurs, le film n’est pas avare en mises à mort originales, bien sanglantes et répugnantes. Entre le passage en machine à laver et des affrontements jubilatoires on est servi et on ne voit pas le temps passer. Le décor de cet hôtel somptueux n’est peut-être pas assez mis à profit tandis que le rythme est toujours là sans aucun moment de répit. Mais les défauts du premier sont toujours là. D’un côté l’humour noir marche une fois sur deux et empêche le film d’être effrayant ou angoissant. De l’autre, l’ajout du fantastique tendance satanique avec ce pacte avec le Diable ou le fait que les vilains explosent demeure toujours de trop. Si la saga était restée dans le domaine du slasher réaliste, cela aboutirait à une série B moins outrancière et bordélique mais, en l’état, cela demeure un moment sympathique et bien foutu. Et la présence au casting d’acteurs stars des films de genre de la fin des années 90 tels que Shawn Hatosy et Elijah Wood (« The Faculty ») ou Sarah Michelle Gellar (« Souviens-toi... l’été dernier », « Scream 2 », ...) dans les rôles de méchants est un bonus assez savoureux!
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