La franchise cousine de la saga « Alien » (depuis le crossover « Alien VS Predator ») est peut-être moins célèbre mais compte autant de films à ce jour : sept. Et, de la même manière, elle a des épisodes moins réussis que d’autres. Le meilleur reste probablement le premier avec Arnold Schwarzenegger de 1987 (déjà!) et réalisé par John McTiernan quand le pire est sans conteste le fiasco de Shawn Black, « The Predator », dernier en date avant que Disney rachète la Fox. Depuis, c’est Dan Trachtenberg qui pilote la saga. Son premier essai, « Prey », se montrait assez audacieux. En effet, on y voyait le Prédator chasser il y a plusieurs siècles en terre autochtone pour une traque au féminin simple, efficace et respectant les codes de la mythologie. Puis est venu un film d’animation et enfin ce « Predator : badlands » auquel on ne pourra pas reprocher des choix extrêmement osés qui risquent de diviser chez les fans ultimes du Yautja.
Comme le font certaines rares suites, ce septième opus fait le pari risqué de faire du Predator, le héros du film et non la menace. Néanmoins, si ce choix ouvre beaucoup de possibilités, il retire une grande partie de ce qui fait l’ADN de la saga. Comme récemment la suite de « Don’t breathe » qui s’était cassé les dents en faisant de l’antagoniste militaire et psychopathe joué par Stephen Lang le gentil de l’histoire. La créature perd ici tout son charisme. On lui prête même un langage, des émotions et de compagnons de voyage! Une pirouette qui désacralise totalement l’aspect effrayant du Predator. Après avoir vu ce film-là, il est peu probable qu’on puisse craindre la bête dans le futur. C’est un peu le même travers que celui de la série « Alien : Earth » qui voyait le xénomorphe presque apprivoisé par Wendy. On a l’impression que Disney, de manière à agrandir son audimat et pour préparer des crossover et films dérivés, dénature complètement le bestiaire qu’il a racheté à la Fox.
Heureusement, « Alien Romulus » était quant à lui une excellente surprise qui suivait les préceptes de la franchise sans jamais la trahir mais en l’honorant. Trachtenberg l’avait fait pour « Prey » mais se loupe totalement ici dans cette volonté d’autre chose. Mais l’aspect Disney ne s’arrête pas à ce changement de paradigme... Malheureusement. « Predator : Badlands » s’essaie même à l’humour sur certaines séquences. Et il ose mettre une petite créature toute attachante dans les pattes du Yutja en tentant quelques mignonneries! Ce qui aboutit non pas à un film « Predator » mais à une sorte de medley des univers de trois sagas familiales que sont « Star Wars », « Jurassic World » et le Monsterverse de Warner avec King King et Godzilla. On n’a pas peur, on ne frémit pas et on se désole de telles décisions contraires à la logique de la saga.
Fort heureusement tout n’est pas à jeter. Il y a de quoi passer un relatif bon moment même si on est fan du Predator et attaché à son identité. Elle Fanning dans un double rôle de synthétique apporte un peu d’originalité et de fraîcheur à cet univers désincarné. L’idée de la rendre estropiée accouche de séquences bien imaginées (comme celle des jambes). Et on ne pourra reprocher à Trachtenberg son sens du rythme. « Predator : Badlands » est trépidant du début à la fin et si toutes les séquences ne fonctionnent pas, on ne s’ennuie pas. Ajouté à cela des effets spéciaux dernier cri de toute beauté et un bestiaire divertissant que notre Yautja combat de manière ludique, et on obtient une série B sympa. Sauf qu’on est dans « Predator » et non pas dans un navet à la « 65 » vers quoi le film a tendance à loucher. Pour le prochain, ramenez-nous aux fondamentaux par pitié, bien qu’on ait peur que le mal ait déjà été fait.
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