un film polissé
Chronique de la vie dans la Brigade de Protection des Mineurs (BPM) de
Paris, Polisse n'est pas l'équivalent cinéma de séries télévisées françaises du
genre PJ. Certes, le quotidien de la brigade, les histoires de culs, la
dynamique de groupe y est semblable, mais est montré dans un réalisme et
une cinématographie incomparable. En fait, la révélation du film est
Joey Starr, qui dynamite totalement le casting avec son franc-parler et
l'éloigne de toute consensualité. On a pas vraiment l'impression que la
star d'NTM joue mais plutôt qu'il est lui-même, comme toujours. Ca et le
couple explosif Karin Viard/Marina Foïs est un gros apport au film.
Maïwenn montre une maîtrise de la réalisation stupéfiante, et le film ne
nous laisse pas une seconde de répit. Ne vous attendez pas à une
routine larmoyante, le film fonctionne comme un film d'action, et en
définitive un drame, mais à grande vitesse, parfois trop grande
d'ailleurs. Les affaires, avec lesquelles la BPM est confrontée, sont,
là aussi, confondantes de réalisme, puisqu'inspirées directement de
faits réels. Maïwenn fait un chef d'oeuvre puisqu'elle fait voir une
histoire informative, divertissante et touchante à la fois, qui ne prend
jamais parti (franchement, sans être une condamnation du système, elle
en pointe toute la lourdeur bureaucratique et son manque d'efficacité
patente). On sort du film chamboulé, un poil dépressif, un peu stressé,
mais avec un sourire sur le visage et moins con qu'avant.