Sans dire que c’est un chef d’œuvre, je pense que ce film de M. Night Shyamalan va bien vieillir. Le réalisme, qui s’envole au 4e et 5e actes (30 dernières minutes), fait place à un autre niveau de lecture qui va plaire aux fans dans quelques années, mais qui déçoit sur le coup parce qu’il ne respecte pas les règles du genre (méchant Shyamalan!). Comme souvent avec lui le suspense est secondaire. Ce que le réalisateur affectionne avant tout ce sont les émotions weird et Trap en est rempli.
Le vrai sujet du film, c’est le fantasme. Celui du psychopathe qui veut être un père normal en amenant sa fille à un concert. Celui de sa fille qui rêve de voir sa chanteuse préférée. Et celui de la fille du réalisateur Saleka Shyamalan qui ambitionne d’être une star de la pop. Par définition, le fantasme est un sentiment étrange, un rêve un peu absurde qui nous motive, mais dont la concrétisation est risquée, voire déraisonnable. C’est exactement ce que nous propose M Night : un chassé-croisé de fantasmes qui se tordent d’une manière insoupçonnée lorsqu’ils passent dans la réalité.
Le jeu de Josh Harnett est particulier, à l’image du tueur qui feint des émotions qu’il ne ressent pas vraiment et lorsque la situation est compliquée, la gamme des expressions qu’il cumule frise l’absurde, mais c’est clairement voulu par le réalisateur. Sinon la mise en scène recèle quelques pépites et les personnages secondaires sont intéressants. En ce qui concerne, Trap est un bon M. Night Shymalan ! J’ai déjà hâte de le revoir !