Allons-y!
Encore un film d’une (mais cela fonctionne aussi au masculin) nepo baby. Comprenez : une « fille de » personnalité connue du showbiz qui suit les pas de son père. En ce qui concerne Enya Baroux, elle marche donc sur les traces de son père réalisateur Olivier Baroux (moitié du duo Kad & O et surtout réalisateur de la saga à succès « Les Tuche » ou encore de « Safari »). Mais on ne s’en plaindra pas tant son premier film est une jolie réussite sur bien des aspects. En effet, « On ira » parvient à donner du sens au terme feel-good movie que le cinéma français a bien du mal à assimiler si ce n’est quelques exemples notables comme « Intouchables » ou « La famille Bélier ».
Avec ce road-movie entre le sud de la France et la Suisse en camping-car et ce quatuor merveilleux, on pense beaucoup au mythique et américain « Little Miss Sunshine », l’un des avatars les plus célèbres de cette catégorie de films. Et c’est bien entendu un compliment tant ce long-métrage a marqué des générations de cinéphiles. Comme dans cette œuvre tutélaire pour le genre on passe du rire aux larmes avec un égal bonheur. Jamais l’un ou l’autre semble forcé ou trop fabriqué et les bonnes répliques savoureuses et amusantes s’enchaînent autant que les quiproquos bien écrits. On éclate de rire à plusieurs reprises tout comme on a les larmes aux yeux à d’autres. Le tout se suit sans fausse note et aucune baisse de rythme avec un démarrage sur les chapeaux de roue. Certaines séquences frôlent même le magnifique comme cette première baignade en mer ou ce camping-car qu’on brûle.
La seule chose que l’on pourrait reprocher à « On ira » réside dans sa forme quelque peu télévisuelle et pas forcément aimable. Mais Enya Baroux en est à son premier film et vu comment les autres versants de ce premier essai fonctionnent, il serait clairement malhonnête de lui reprocher une mise en scène certes plutôt appliquée mais au demeurant très scolaire et basique. On passe donc quatre-vingt-dix minutes avec un quatuor de personnages superbement croqués pour un moment qui ne verse jamais dans les gros traits, la sensiblerie ou l’humour lourdingue. On les adore dès qu’on les découvre et le sous-texte sur la fin de vie est admirablement délivré.
Pour les incarner ces fameux personnages, on retrouve un carré d’acteurs tout aussi satisfaisant en commençant par Hélène Vincent qui rejoue le rôle de la dame âgée qui souhaite mourir après « Quelques heures de printemps » de Stéphane Brizé; cette fois en mode plus léger mais tout aussi probant. La comédienne octogénaire de « La vie est un long fleuve tranquille » fait un retour fracassant sur les écrans depuis quelques années et retrouve Pierre Lotin après « Quand vient l’automne ». Lui, encore une fois parfait, termine donc un trio de succès si l’on rajoute le sublime « En fanfare » et se positionne comme le trentenaire le plus prometteur du moment avec Raphael Quennard. Enfin, pour fermer ledit carré, la jeune Juliette Gasquet fait montre d’un talent certain et pétille à chaque scène. Bref, « On ira » c’est plein de bonnes ondes et c’est un premier film en tous points maîtrisé et réussi qui fait du bien!
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