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Nervures

Critiques des membres

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3.5Très bon
5 critiques des membres
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5 critiques

Acceptable
Sébastien Veilleux

Belle bouture non-aboutie

Je voulais tellement aimer ce film, le premier body horror québécois (à ma connaissance), avec Sylvain Marcel et Marie-Thérèse Fortin en plus. Le début est vraiment prometteur et la fin culmine dans un mélange d’horreur et poésie juste wow ! Lorsqu’on a un bon début et une bonne fin, c’est dans la poche dit-on. Oui mais non.

L’ambiance du début est à couper au couteau, quand la fille débarque chez ses parents et découvre que son père est disparu et que sa mère a oublié de la prévenir. L’orientation sexuelle d’Isabelle, autrefois sujet de discorde, n’a plus d’importance. Thérèse est visiblement malade et tout ce qu’elle veut, c’est que sa fille reparte au plus vite.

Tout est mis en place pour créer un thriller psychologique oppressant avec ce docteur mystérieux qui semble avoir un contrôle absolu sur la mère. Marie-Thérèse Fortin est excellent, de même que la jeune Romane Denis qui porte la charge émotive du film sur ses épaules (et son visage). En revanche, Sylvain Marcel joue sans conviction.

La trame psychologique si bien amenée est sacrifiée au profit d’une série de flashbacks explicatifs qui relatent en détails ce que nous avions déjà compris, à savoir que le docteur est un savant-fou qui s’adonne à des expériences à saveur écologique, une idée intéressante qui manque d’enjeux dramatiques et de développement.

Il en résulte un film brouillon où l’évolution psychologique des personnages semble avoir été coupée au montage. Le visuel compense les lacunes du scénario. Les mutations corporelles sont bien faites et génèrent quelques malaises bien senties. Et puis, il y a cette fin qui nous réconcilie avec le film.

Parfait
DENIS BRODEUR

Très surprenant et très efficace.

Peut-être le meilleur film d'horreur québécois de tous les temps. On nous surprend du début à la fin. La distribution est solide. J'ai toujours aimé les films avec des docteurs fous et là je suis servi à souhait. Ce film me fait penser par moment aux YEUX SANS VISAGE et à L'HORRIBLE DOCTEUR ORLOFF. Le film ne cartonne pas au guichet et certainement que la bande-annonce tiède voir plate y est pour quelque chose. À VOIR ABSOLUMENT.

Parfait
Sébastien boulanger

très bon film

fait réfléchir bien realiser

Pauvre
Luc Lafrenière

Nervures

Note sur 10 Acteurs = 8 Scénario=5 Réalisation= 4

La clarté des images est très sombre. Le film aurait été nettement meilleur si on aurait eu des scènes éclairées. Le film fini en queue de poisson pcq à la fin on ignore ce qu'il advient du médecinet de l'oncle de l'actrice principale. Savoir ce qu'était le film, est-ce que j'y retournerais = Non.

Très bon
Rémy Fiers

Mutation végétales.

Dès la première scène, Raymond St-Jean donne le la : « Nervures » sera un long-métrage étrange qui se réclame du cinéma de genre. Et c’est une gageure tant ce dernier est plutôt rare dans le paysage cinématographique de la Belle Province. Rare mais pas complètement absent. Puisque si certains sont des films d’horreur à petit budget aux partis pris radicaux ou qui détournent le genre mais que pas grand monde n’a vu (« Brain Freeze » au hasard), d’autres ont tout de même réussi à se faire un nom. On a eu « Les Affamés » et ses zombies sur Netflix mais surtout un film qui a fait le tour du monde, des festivals et des cérémonies de récompenses et sorti il y a deux ans, la géniale et originale comédie fantastique gothique « Vampire humaniste cherche victime consentante ». Et le réalisateur du sympathique polar « Crépuscule pour un tueur » va se montrer tout aussi peu commun dans l’histoire qu’il raconte. Sauf qu’ici pas de comédie mais un premier degré assumé et maîtrisé pour une œuvre qui va jouer à fond avec les codes du fantastique et de l’horrifique en les respectant.

Le récit est fragmenté en plusieurs parties, deux dans le présent et deux dans le passé proche qui expliquent petit à petit de quoi il retourne, laissant ainsi le mystère épais du début se faire plus limpide. Plus que des flashbacks, les parties du passé permettent de comprendre celles du présent. Loin d’être un gimmick de style, cela apporte une valeur ajoutée à ce « Nervures ». Il y a aussi un beau travail sur l’atmosphère, aussi bien visuelle, comme les plans dans la forêt à la lumière des phares de voiture ou dans une serre expérimentale, que sensorielle. L’ambiance est à la limite du glauque et on sent que quelque chose ne tourne pas rond dans ce petit village désert. Le film emprunte aux récits de séries B du voisin américain en isolant un personnage à priori sain dans un contexte où une menace plane. Et il le fait bien, le malaise est prégnant et l’atmosphère générale dans lequel baigne le film est putride à souhait. Louons enfin la réussite des maquillages, véritablement impressionnants, sans avoir recours à des effets spéciaux. Ils sont aussi beaux que dégoutants. On n’en dira pas plus pour ne pas déflorer la nature de ce qui se joue.

L’allégorie et le discours écologiste présent se passe de commentaires et c’est une qualité. Ici pas besoin d’asséner de discours sentencieux pour parler de l’importance de la nature et des forêts. En effet, tout ici se passe de mots et se déduit avec finesse. Les interprètes sont tous remarquables et il y a des pointes de drame, concernant la maladie ou le fait de vivre avec la douleur, qui sont bien retranscrites. Mais, surtout, « Nervures » entretient avec brio son mystère même si la menace incarnée par Sylvain Marcel est dévoilée trop vite Dès le départ en fait. Et le climax est peut-être un peu trop vite expédié mais le film se termine sur une vision aussi effrayante qu’enchanteresse du plus bel effet. Voilà donc une œuvre inédite et totalement maîtrisée qui mêle horreur organique (presque du body-horror) avec un suspense étrange et captivant. Et tout cela proposé dans un emballage formel en totale adéquation. Que demander de plus?

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