Belle bouture non-aboutie
Je voulais tellement aimer ce film, le premier body horror québécois (à ma connaissance), avec Sylvain Marcel et Marie-Thérèse Fortin en plus. Le début est vraiment prometteur et la fin culmine dans un mélange d’horreur et poésie juste wow ! Lorsqu’on a un bon début et une bonne fin, c’est dans la poche dit-on. Oui mais non.
L’ambiance du début est à couper au couteau, quand la fille débarque chez ses parents et découvre que son père est disparu et que sa mère a oublié de la prévenir. L’orientation sexuelle d’Isabelle, autrefois sujet de discorde, n’a plus d’importance. Thérèse est visiblement malade et tout ce qu’elle veut, c’est que sa fille reparte au plus vite.
Tout est mis en place pour créer un thriller psychologique oppressant avec ce docteur mystérieux qui semble avoir un contrôle absolu sur la mère. Marie-Thérèse Fortin est excellent, de même que la jeune Romane Denis qui porte la charge émotive du film sur ses épaules (et son visage). En revanche, Sylvain Marcel joue sans conviction.
La trame psychologique si bien amenée est sacrifiée au profit d’une série de flashbacks explicatifs qui relatent en détails ce que nous avions déjà compris, à savoir que le docteur est un savant-fou qui s’adonne à des expériences à saveur écologique, une idée intéressante qui manque d’enjeux dramatiques et de développement.
Il en résulte un film brouillon où l’évolution psychologique des personnages semble avoir été coupée au montage. Le visuel compense les lacunes du scénario. Les mutations corporelles sont bien faites et génèrent quelques malaises bien senties. Et puis, il y a cette fin qui nous réconcilie avec le film.