Si ce film d’action demeure sympathique et relativement distrayant, il est clair qu’il sera très vite oublié tant il n’apporte rien de nouveau au genre. Pire, cette histoire de quidam qui va se farcir du méchant sent bien trop le déjà-vu pour totalement nous y faire adhérer. En revanche, c’est réalisé correctement, c’est plutôt rythmé et ça a le mérite d’être court et efficace sur une heure et demie montre en main. Les scènes d’action, que ce soit les combats, les courses-poursuite et les fusillades, sont tout à fait réussies mais on retiendra surtout la première d’entre elles dans le bus car elle est imprévue et un peu plus originale.
Le gros problème de ce « Moins-que-rien » est qu’il arrive trop tard et souffre de la comparaison avec deux nouveaux maitres-étalon du genre action. Si c’était la saga « Jason Bourne » qui avait redéfini le genre il y a quinze ans c’est désormais « John Wick » qui fait figure d’exemple dans le genre testostérone. En effet, la maestria avec laquelle ce film et ses suites ont imprimé leur marque dans le film d’action est incontestable et cette petite série B pâtit clairement de la ressemblance, même si le personnage de Keanu Reeves apparaît plus comme un surhomme et que la mythologie qui va avec apparaît fantasmée. Mais il y a aussi les « Equalizer » avec Denzel Washington duquel il se rapproche encore plus et la comparaison joue encore une fois en la défaveur de « Moins-que-rien ». On pense beaucoup à ces films et, conséquemment, celui-ci apparaît comme une version low-cost.
En outre, il y a pas mal de bonnes petites idées mais elles apparaissent sous exploitées, comme si le potentiel du scénario avait été réduit au strict minimum. Il y a parfois une sensation d’inabouti et d’expédié. Que ce soit les rapports du personnage principal avec sa famille, son passé de « collecteur » ou encore les méchants, rien n’est vraiment creusé. Quant à l’évènement qui fait que le héros parte en vrille, il est tout de même tiré par les cheveux. Pour se différencier, le film aurait pu aller davantage vers le second degré et la pantalonnade. On sent que parfois il s’y dirige mais trop timidement pour convaincre sur ce point. Ceci dit, « Moins-que-rien » fait bien le job et se positionne comme le parfait petit divertissement du samedi soir pour une soirée entre potes. Avec quelques bonnes séquences d’action, ni plus ni moins.
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