Montand Signoret
Nous avons passé un très bon moment! A revoir!
Nous avons passé un très bon moment! A revoir!
Diane Kurys est de retour après une absence de près de huit ans et le bide passé complètement inaperçu « Maman est folle ». Après les douces chroniques devenues cultes de ses débuts de la fin des années 70 au début des années 90 (« Diabolo menthe » et « La Baule-les-pins » notamment) elle a alterné les comédies poussives et souvent ratées telles que « Je reste! » ou « Arrête ton cinéma! » avec de grands mélodrames épousant de grands destins de manière bien plus convaincante. On pense à l’exigeant « Les Enfants du siècle » ou au très réussi « Sagan » avec une Sylvie Testud exemplaire. Avec « Moi qui t’aimais » elle signe un retour heureusement dans cette veine. Elle y brosse les dernières années de la romance tumultueuse entre Yves Montand et Simone Signoret pour un film plaisant mais manquant parfois d’aspérités.
Et pour incarner les deux stars du cinéma français d’antan, elle a choisi deux comédiens auxquels on n’aurait pas forcément pensé. La ressemblance ne saute pas forcément aux yeux de prime abord mais qu’importe, les similitudes physiques ne sont pas un prérequis dans les biopics et le maquillage peut aider à accentuer la ressemblance potentielle. Mais là, pareil, Kurys semble vouloir ne pas abuser des postiches et grimages. Et elle a raison, elle laisse son duo respirer. Les acteurs vont juste s’approprier un phrasé et des mimiques de manière assez pertinente. On a donc une Marina Foïs en Simone Signoret éprise et cocue pour un Roschdy Zem volage et inconséquent en Yves Montand. Leurs prestations sont irréprochables mais on a tout de même l’impression de voir deux acteurs en performance plus que les légendes qu’ils interprètent. On a du mal à dire si on adhère ou si on aurait préféré autrement.
Le scénario du film se concentre sur les dernières années de leur relation entre 1975 et la mort de Signoret en 1985. Le film parle d’amour avant tout. De jalousie aussi. Et d’une complicité immense entre les deux malgré les aventures de l’un et la tristesse de l’autre. On côtoie aussi des figures phares du cinéma comme Claude Sautet ou les époux Trintignant et « Moi qui t’aimais » nous replonge avec délectation dans l’âge d’or du cinéma français de cette époque. On ne voit pas les deux heures du film passer et on suit cela comme un feuilleton télévisé entre séquences émouvantes quand vient la maladie et moments plus légers, incarnés par les réflexions piquantes de Signoret à Montand. C’est justement peut-être aussi dans ce côté production télévisuelle opulente que le bât blesse. On a l’impression de suivre un téléfilm de luxe d’antan, comme si Kurys n’avait pas ou peu évolué depuis ses débuts même si cette manière de filmer colle assez bien à l’époque. On exagère un peu mais tout cela fait un peu feuilleton à l’ancienne impulsé par une fiche Wikipédia. Plaisant mais peu surprenant et un peu trop lisse.
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