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Miroirs No. 3

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Rémy Fiers

Vide glacé.

Christian Petzold est devenu en un peu plus d’une dizaine d’années, l’un des cinéastes allemands contemporains les plus côtés au sein des festivals internationaux. Il alterne œuvres dans la présent et films d’époque avec ses deux muses : Nina Hoss pour les personnages plus murs et Paula Beer pour ceux plus jeunes. Celui qui nous intéresse sera avec cette dernière. Après son intéressant dernier opus en date, « Ciel Rouge » qui parlait d’éco-anxiété d’une manière singulière, le voilà déjà de retour avec ce « Miroirs no.3 » qui, lui, aborde des thèmes tels que le deuil et la dépression. Et on peut dire qu’on est moins emballé tant ce nouveau film nous apparaît atone et sans grand intérêt narratif. Le titre peu commun du film vient d’une pièce de piano impressionniste de Maurice Ravel (le compositeur du fameux « Bolero ») qu’on entendra d’ailleurs forcément ici. Seuls les connaisseurs comprendront ce qui se cache derrière ce titre ou alors il faudra en chercher la signification en amont ou en aval du visionnage du film. Ce que l’on a dû faire...

On fait donc référence ici aux miroitements des vagues, l’autre appellation du morceau étant « Une barque sur l’océan », allégorie sur la mort au sein d’une famille. Voilà bien tout un sous-texte qu’il faudra clairement décortiquer avec peine dans ce film minimaliste en tous points. Quatre acteurs, un lieu quasi unique pour le déroulé de l’action, très peu de dialogues et une durée vraiment courte (moins d’une heure et demie) font de ce « Miroirs no.3 » une œuvre étrange, pas spécialement mémorable mais pas dénuée d’intérêt non plus. Le film étant plutôt lent, il faut saluer qu’il ait le mérite de ne pas s’éterniser, ce qui empêche le spectateur de s’ennuyer lors de ce qui frôle l’exercice de style parfois poseur.

Les acteurs font le travail dans ce petit théâtre une nouvelle fois loin des villes après « Ciel rouge ». D’ailleurs, Petzold semble apprécier travailler à la campagne puisqu’il remet le couvert ici avec un nouveau contexte rural et champêtre autour d’une petite maison. On apprécie autant cet aspect bucolique qui donne du charme à ce « Miroirs no.3 » qu’on a du mal à saisir le formalisme de l’ensemble. On a vite fait de comprendre les tenants et les aboutissants de cette partition à quatre nous parlant de l’absence, du suicide et d’identité ce qui enlève le peu de suspense qui aurait pu rendre cette œuvre plus mystérieuse. À moins qu’il y ait des significations cachées qu’on n’a pas vu ou des métaphores plus ténues à décrypter, voilà une œuvre qui se regarde agréablement par sa simplicité mais qui nous apparaît parfois aussi vaine qu’inutile.

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