Film Nostalgie Montreal.
C’est peu commun mais on peut sans hésiter affirmer que « Mile End Kicks » plaira plus particulièrement aux habitants et amoureux de la plus grande métropole francophone d’Amérique du Nord qu’à tout autre type de public. Pour cette catégorie de spectateurs, il y a un petit plus qui fera vibrer leur côté chauvin et leur fibre nostalgique tant la ville est filmée dans ce qu’elle a de plus beau et représentatif. Le film se déroule en 2011 à une époque où il n’y avait pas encore eu toutes ces crises successives et diverses qui l’ont transformée (en mal), où tout était abordable et que les maîtres mots étaient hédonisme et insouciance. On assiste donc à une sorte de vision fantasmée de la ville, un peu comme une Madeleine de Proust qui ravira ceux ayant grandi et évolué à cette période. La manière dont elle est filmée ravira donc les amoureux de Montréal et les montréalais et le film devrait conséquemment davantage leur plaire qu’à ceux qui n’y ont jamais mis les pieds. D’ailleurs, cette chronique commence bien et on sent poindre le film presque générationnel, le type d’œuvres comme on en fait presque plus, ou très rarement (récemment « L’Amour ouf » en France est un de ses rares spécimens). On ressent un (petit) goût de « Presque célèbre » pour le contexte musical des groupes de rock et un autre de toutes les comédies romantiques de cette époque. Une impression pas désagréable et prometteuse pour une première demi-heure emballante, qui annonce un moment de cinéma solaire et bourré de fraîcheur.
Cependant, plus le film avance moins ces espoirs vont être comblés. En effet, « Mile End Kicks » rentre bien trop vite dans les clous du triangle amoureux et pétille de moins en moins. Barbie Ferreira est exemplaire; elle porte le film avec malice et son physique inhabituel. C’est une transfuge de la série mythique « Euphoria », programme qu’elle a quitté en claquant la porte au nez de son créateur Sam Levinson, et il est plaisant de la retrouver ici. En revanche, les seconds rôles manquent clairement de charisme, surtout les deux personnages masculins. On a l’impression que le contexte musical du long-métrage est finalement peu exploité et les occasions de rire ou sourire se font de plus en plus espacées. Au final, cette bluette quelque peu superficielle et manquant de substance nous apparaît un brin longuette malgré son charme sporadique. On se passionne de moins en moins pour le dilemme amoureux de Grace, l’héroïne, D’autant plus que l’issue de cette hésitation sentimentale est courue d’avance. Au final, « Mile End Kicks » développe un léger goût de nostalgie agréable au début mais on finit par vite s’en lasser. On confirme donc que seuls les montréalais devraient totalement apprécier cette exhumation d’un certain idéal de leur belle ville et de l’un de ses quartiers phares, le Mile End.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.