Non, non, non. Migration, le nouveau dessin animé des studios Illumination (Minions, Pets…) n’est pas en lice pour la prochaine palme d’or, même si au final, ça vole assez haut !
Au départ, une famille plan-plan de canards dans leur mare tranquille. Papa peureux, maman qui s’ennuie un peu, fiston en attente de la grande aventure et petite fille (qui est là pour faire mignon).
Mais un beau jour, l’appel du large, avec des confrères migrateurs qui passent pour une pause sur l’étang et les invitent à les accompagner jusqu’à la Jamaïque dans leur périple annuel.
Refus du daron, espoirs brisés de la daronne, prises de bec, et au final, la petite famille s’envole pour le Sud, mais passera par bien des aventures, de New York à Miami, qui seront autant d’épreuves initiatiques.
Vous l’aurez compris, l’intrigue est ultra-classique, dans le genre ‘aventures en famille’, dont les plus récents avatars sont Les Croods, la Famille Mitchell… ou Avatar !
On a droit aux conflits (de canard) entre parents, entre père et ado, rien que du classique !
Mais c’est le savoir-faire d’Illumination qui fait la différence, à partir de cette intrigue et des clichés déjà vus : une animation fluide, une caractérisation remarquable (le petit pigeon autoritaire vocalement interprété par Awkwafina – un air de l’extravagant lapin dictateur de Pets) et surtout… des gags à la pelle.
On ne peut qu’être ravis par le sens du burlesque de certaines scènes, qui font s’enchainer les gags les uns après les autres, comme dans la plus grande tradition de Blake Edwards ou du muet.
Une idée visuelle en amène une autre, en cascade, on se vole dans les plumes, comme dans cette scène du restaurant, en cuisine, où les chutes s’enchainent. Là, on retrouve toute la magie des Moi, Moche et Méchants, un rythme du montage qui s’affole, et la salle se marre, de 3 à 103 ans !
Cadeau-bonus, une belle complicité entre Monsieur et Madame, qui culmine avec des scènes de danse, mais on est loin de se secouer le bas des reins en faisant coin-coin ! Non, on a droit à de vraies scènes de salsa, de tango, totalement intégrées à l’histoire, avec une maestria impressionnante, plus proches des chorégraphies balistiques de Mr and Mrs Smith que de la Danse des canards.
Enfin, comment ne pas voir dans cet appel à l’aventure un rappel de ce que sont nos vies depuis la pandémie, télétravail, Netflix et livraisons Amazon ! Et si on voyageait, et si on retournait au cinéma, au restaurant, au théâtre, à l’autre bout du monde, bref si on se sortait de notre mare ?
Au final, un spectacle pour toute la famille, pas original mais bien fichu, qui plaira même aux tout petits, et qui donne le goût du large !