La diagonale du vide (artistique)
On avait découvert Hubert Charuel avec le très réussi « Petit paysan » qui avait presque lancé une mode dans le cinéma français, celle des films sur les terres agricoles et les difficultés des paysans pour rester à flot. Depuis ce film, sorti il y a maintenant huit ans, rien. Le cinéaste revient avec un nouveau film réalisé en duo avec Claude Le Pape, une fidèle collaboratrice, et tourné dans sa ville natale de Saint-Dizier en Haute-Marne. Et on peut dire qu’avec ce « Météors » le cinéaste revient par la petite porte tant il est difficile d’y trouver quelque chose d’intéressant que ce soit sur le plan narratif ou formel. Même au niveau du fond social, on a du mal à trouver un discours pertinent ou qui n’ait pas déjà été entendu (en mieux) ailleurs.
« Météors » nous permet de faire la connaissance de deux amis d’enfance, vivant de petits boulots et petits larcins, qui vont devoir prouver leur bonne foi au tribunal après une magouille qui a mal tourné. Ce genre de scénario, on a l’impression de l’avoir vu cent fois et le script de Charuel et Le Pape n’ajoute strictement rien de nouveau sur le thème de la jeunesse et de la détresse sociale. On a beaucoup de mal à s’attacher à ses personnages pas très bien écrits, voire agaçants, qui semblent se contenter de quelques traits de caractère. Qui plus est, leur passé et leur entourage (où sont les parents?) ne nous sont pas présentés, ajoutant au manque de clés de compréhension pour mieux les cerner. Aussi naturels que soient les acteurs, notamment l’excellent Paul Kircher, on n’accroche jamais, d’autant plus que leurs pérégrinations semblent vouloir être le moins intéressantes et captivantes possibles.
Mais il n’y a pas que cela qui empêche de trouver « Météors » à peu près regardable. La grammaire cinématographique déployée par le duo de réalisateurs est vraiment pauvre. Et on se désole du choix des décors et du contexte. C’est bien simple, tout semble austère, triste et gris. Alors si cela permet de coller avec l’aspect social désabusé du film, on aurait aimé peut-être que tout cela soit mis en scène avec plus de goût et de personnalité. Et malgré la petite éclaircie finale, il y a une tendance à se lover dans le misérabilisme et de ne pas proposer de solutions. Sur les plus de cent minutes que dure le film, on assume totalement que l’on trouve le temps long et que l’on s’ennuie ferme. Et on a surtout du mal à comprendre ce qu’on a voulu nous dire avec ce film au script aussi peu intéressant qu’atone.
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