Excellent cinéma.
Timothée Chalamet offre une grande performance. À voir.
Timothée Chalamet offre une grande performance. À voir.
Les frères Safdie ne sont pas une fratrie pour rien. Après nous avoir offert en duo le galvanisant « Good Time » avec Robert Pattinson et le plus particulier mais acclamé « Uncut Gems » avec Adam Sandler, des films qui ont fait le tour des festivals et leur propre renommée, les deux frangins ont choisi de se séparer (un moment tout du moins) pour réaliser chacun de leur côté un long-métrage. Et tous les deux ont opté pour un biopic dans le cadre sportif, prouvant que même séparés, ils gardent un lien et une continuité dans leur œuvre. Benny Safdie, qui fait aussi l’acteur à l’occasion comme dans « Oppenheimer » par exemple, avait déçu avec le sien sur Mark Kerr, légende et précurseur de la MMA. Trop sage, trop classique et trop prévisible, son film ne valait que pour la prestation de Dwayne Johnson dans un rôle sérieux pour la première fois. On préfèrera donc largement ce « Marty Supreme » étonnant sur bien des points.
En effet, Josh Safdie nous fait croire à une biographie filmée comme le cinéma américain en produit tant, surtout pour les chanteurs et musiciens, mais on se retrouve devant quelque chose très éloigné des normes habituelles de ce type de film. Et c’est tant mieux ! En réalisant un film sur Marty Mauser, légende du ping-pong dans les années 50, Safdie ne réalise pas vraiment non plus un film sportif, la discipline étant juste ici un décor et un but. Le procédé est un peu le même que celui employé par Luca Guadagnino avec son délicieux « Challengers » : le tennis régulier était avant tout un suspense torride et romantique. Safdie se sert ici de l’histoire de ce jeune homme et du tennis de table comme d’un prétexte pour nous livrer une sorte de chronique entre le polar, le drame et la comédie. Un film qui va à cent à l’heure et dans toutes les directions sauf celle attendue, ce qui fait tout son charme. « Marty Supreme » nous surprend en continu et on reconnaît bien plus la patte de la fratrie avec cette manière de filmer dans l’urgence des errances et situations improbables que dans l’opus de son frère. Comme si Josh Safdie était le représentant de la marque et de la patte esthétique familiale.
Sans être une claque de mise en scène, on ne peut nier que Josh Safdie sait précipiter le spectateur dans un tourbillon d’images au montage bouillonnant pout un résultat bourré d’énergie et virevoltant. Les tribulations du personnage principal, obstiné par le fait de jouer une compétition au Japon et très imbu de lui-même, sont amusantes. Le long-métrage nous happe la plupart du temps par son mélange de légèreté, de folies et de suspense. On aurait du mal à ranger ce « Marty Supreme » dans une case en particulier et c’est clairement l’une de ses principales forces. Les séquences de ping-pong, certes peu nombreuses, sont tout de même bien filmées et impressionnantes et on se régale de certaines afféteries comme le générique très osé ou tout ce qui a trait à l’histoire rocambolesque du chien.
Mais le film tient surtout sur la composition extraordinaire de Thimothée Chalamet, encore plus satisfaisante que celle qu’il nous a offert l’an passé pour le biopic sur Bob Dylan, « Un parfait inconnu ». De sa gestuelle à son parler en passant par la caractérisation de son personnage, il est incroyable et prouve encore une fois l’étendue de son talent. Dommage que les seconds rôles ne soient pas logés à la même enseigne et davantage présents pour lui servir la soupe. En outre, on pourra trouver ce « Marty Supreme » un peu trop long. Deux heures auraient amplement suffi pour raconter cette histoire vraie qui n’en est finalement pas vraiment une. Voilà donc une bonne surprise, un film flamboyant et roublard qui en surprendra certains (peut-être en mal) mais en ravira beaucoup d’autres, c’est certain !
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Très décousu...
Un gars très persévérant qui veut atteindre son but à tout prix. Un peu long, mais ça passe bien !!!