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Maigret et le mort amoureux

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Rémy Fiers

Antiquité et déuéstude.

Avec son nouveau film, l’inégal Pascal Bonitzer coche toutes les cases du film à l’ancienne et désuet pour ne pas dire poussiéreux et dépassé. En tout cas, c’est à la limite des deux. Lui qui sort de l’exemplaire et génial « Le tableau volé », un film léger, captivant, malicieux et plein d’énergie, difficile de croire qu’il est perdu ses talents en à peine deux ans. Il est donc fort probable que le cinéaste ait voulu se concocter une petite récréation cinématographique en réalisant une œuvre d’un autre temps. Et pour cela il convoque un personnage illustre de la littérature maintes fois adapté, le Maigret de Simenon, rameute des acteurs de théâtre très classiques, tourne dans des lieux intemporels avec des personnages aux préoccupations du siècle passé pour un film forcément frappé du sceau « Vieille France ». « Maigret et le mort amoureux » est donc un long-métrage vieillot mais assumé.

Est-ce une bonne nouvelle? Pas vraiment. D’un côté il est plaisant d’assister à l’exhumation d’un certain cinéma suranné du siècle passé mais c’est en même temps tellement dépassé au niveau des codes, de l’esthétique ou encore des dialogues et situations qu’on a l’impression d’assister à un film musée. Et puis il faut dire que le commissaire Maigret on l’a vu sous toutes les coutures, que ce soit au cinéma ou à la télévision et que l’intrigue choisie ici n’est pas particulièrement originale ni même captivante. Pire, « Maigret et le mort amoureux » se paie le luxe de ne pas totalement expliquer le fin mot de l’histoire comme le ferait n’importe quel film policier. Cette enquête sans grand intérêt et ce style daté empêchent donc ce cru 2026 de Bonitzer d’être un film vraiment digne d’intérêt.

Cependant, on n’est pas devant un mauvais long-métrage et on peut trouver certains petits plaisirs à la fantaisie périmée du cinéaste. Déjà, il y a quelque chose dans le jeu d’acteurs. La distribution de très haut niveau, où les dialogues et les face-à-face sont excellents, est délicieuse. Et puis le film est très court et ne laisse aucune place à l’ennui avec sa cadence verbale effrénée et son montage imparable. Denis Podalydès réinterprète Maigret avec plaisir et la galerie de seconds rôles le lui rend bien, de la trop rare Anne Alvaro à la grande Dominique Reymond. Alors même si ce film ressemble à un vieux téléfilm, il semble être une resucée d’un cinéma d’antan qui court après un monde qui n’existe plus et cela peut lui donner un certain charme. Mais cela ne vaut pas nécessairement une place de cinéma.

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