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Maddie's Secret

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Rémy Fiers

Cuisine et boulimie version queer.

Lorsqu’on découvre ce premier film de l’humoriste John Early sans trop rien en savoir, on pense de prime abord que « Maddie’s secret » va emprunter le chemin de l’œuvre bienveillante sur la transidentité et que celui-ci incarne le rôle principal d’une femme trans. Sauf que pas du tout. Et c’est la surprise, d’abord très étonnante et perturbante, qui décante dans notre esprit. Non, Early a carrément choisi d’interpréter le personnage principal d’une femme cisgenre alors que lui est un homme cisgenre. Donc pas de travestissement ici, ni de drag-queen, ni même de personne transsexuelle, le but et le fond du film ne sont absolument pas là. Ce choix particulièrement audacieux interroge au début puis finit par devenir le cœur vibrant du long-métrage tant le personnage de cette Maddie, incarnée par un John Early déterminé et en accord avec son choix, s’avère attachant. Bien sûr, on voit bien qu’un homme est derrière le maquillage – on pense parfois à John Travolta dans « Hairspray » ou Robin Williams dans « Mrs. Doubtfire » - mais le subterfuge finit par être assimilé dans notre esprit et apporter un grain de folie supplémentaire à ce premier film.

Maddie est un sacré personnage. Et elle est tellement attachante malgré son côté nunuche (exacerbés par le côté presque farce d’un homme jouant le rôle d’une femme) que son énergie inédite propulse le film vers le haut. Elle nous fait rire, sourire et nous touche souvent. Les débuts du long-métrage entendent appréhender l’omniprésence des réseaux sociaux dans tous les domaines – ici celui des émissions de cuisine – sur un mode léger et humoristique. Puis, « Maddie’s secret » devient plus dramatique dans sa seconde partie quand entre dans la danse le sujet de la boulimie assez peu traité sur grand écran. Même si la légèreté reste de mise, ce thème délicat est traité avec sérieux, empathie et aplomb. Et Early parvient tout de même à glisser quelques séquences amusantes malgré tout dans un parfait équilibre entre les deux.

Dès les premières images qui voient Maddie courir dans un Los Angeles anonyme, on sent que la tonalité générale va être singulière. La mise en scène est dynamique, aérienne (comme dans les séquences de danse), elle met en valeur une direction artistique colorée et très imprégnée des films des années 90. L’ambiance est un peu kitsch, lorgnant sur les films de niche queer et LGBT, rendant le tout totalement hors des modes. Malgré tout, si tout cela est plaisant et inattendu, ce n’est pas non plus le film du siècle. Certains seconds rôles sont mal dégrossis dont celui de sa co-scénariste Kate Berlant, au parcours sacrifié. Et puis il y a certaines séquences un peu trop décalées qui font sortir le film de sa ligne directrice, à cause de ruptures de ton mal négociées. Bref, « Maddie’s secret » est plaisant et frais sur bien des aspects mais ce n’est pas non plus un incontournable.

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