Publicité

L'intérêt d'Adam

Critiques des membres

Rédiger une critique

3Bon
2 critiques des membres
  • 0
  • 0
  • 2
  • 0
  • 0

2 critiques

Bon
g d

La réalité des hopitaux.

Très bons comédiens.

Bon
Rémy Fiers

En première ligne fracturée.

Après un premier film imparfait mais marquant qui nous plongeait au cœur de l’enfance au sein d’une cour de récréation pour parler du harcèlement scolaire, le cinéaste belge Laura Wandel revient avec le même processus minimaliste et ultra réaliste. Celui de nous mettre la tête en totale immersion dans un microcosme donné au plus près des personnages. Et cette fois c’est dans le service de pédiatrie d’un hôpital qu’elle nous convie pour un film assurément social mais profondément humain. « L’intérêt d’Adam » est une œuvre que n’aurait pas renié ses confrères double récipiendaires de la Palme d’or, les frères Dardenne, dans cette manière de filmer caméra à l’épaule dans le sillage des protagonistes.

Dans cette optique au plus proche du réel, le film est une réussite tant il nous met la tête dans l’hôpital et ses dysfonctionnements (manque de place, manque de moyens, lenteur administrative, ...) à travers le cas d’un enfant en mal nutrition qu’on veut séparer de sa mère. Il ne dure qu’une heure et quinze minutes, largement suffisantes, pour nous faire découvrir le quotidien de Lucie, cette infirmière en pédiatrie qui va s’attacher au cas de ce petit garçon et de sa maman seule. On ne lâchera pas l’extraordinaire – comme toujours - Léa Drucker des semelles le temps de cette nuit agitée en pédiatrie.

« L’intérêt d’Adam » est assez sombre et plutôt défaitiste dans ce qu’il montre mais on sent que l’aspect documentaire qui émane du long-métrage correspond à des recherches très poussées en amont de la part de la réalisatrice. Cependant, il y a un gros manque de développements sur bien des aspects. Et beaucoup trop de questions restent en suspens pour provoquer davantage d’empathie de la part du spectateur. On ne comprend pas vraiment le background de la mère et ses intentions à agir ainsi tout autant qu’on a du mal à saisir pourquoi Lucie s’entiche de cas en particulier au point de pouvoir perdre son emploi. Il y a un manque de cohérence et/ou d’explication dans les motivations des personnages qui empêchent l’identification.

Dans tous les cas, ce second film de Laura Wandel souffre fortement de la comparaison avec deux œuvres jumelles portant sur le même sujet et avec un traitement similaire. Et de sortir après joue encore moins en sa faveur mais pousse à l’indulgence. D’abord, l’immense film français « La Fracture » de Catherine Corsini qui savait traiter des hôpitaux en désuétude et des gilets jaunes en même temps en mêlant comédie et drame avec un casting royal. Ensuite et tout récent, le film germano-suisse « En première ligne » cernait mieux son sujet en utilisant un procédé transversal avec plusieurs cas le temps d’une nuit. Et c’était beaucoup plus efficace et surtout prenant. Les intentions étaient bonnes mais Wandel n’a peut-être pas écrit son script de la meilleure manière.

Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.