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L'incroyable femme des neiges

Critiques des membres

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3.5Très bon
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2 critiques

Bon
g d

Où est le yéti?

Beaux paysages.

Très bon
Rémy Fiers

Mélange étonnant, cocktail probant.

Sébastien Betbeder est un cinéaste indépendant par excellence du cinéma français. Sa filmographie le prouve, faite d’œuvres intimistes avec un univers propre et gentiment décalé. Il tourne la plupart du temps avec des acteurs qui le sont tout autant et adeptes eux aussi d’un cinéma plus confidentiel. D’ailleurs ses films ne sortent jamais sur de grands parcs de copies et ne sont pas faits pour atteindre les cimes du box-office. On retrouve une récurrence aussi dans son cinéma : son appétence pour la nature et les grands espaces en faisant un cinéaste rural et des grands espaces lointains plutôt que citadin. Ici, il retourne vers un endroit mythique qui semble le passionner après « Le voyage au Groenland », c’est justement le Groenland.

Son nouveau film, « L’incroyable femme des neiges » pourrait peut-être lui ouvrir les portes d’un public plus grand. D’abord parce que son film semble moins singulier et plus accessible sans pour autant perdre les particularités qui font le sel de son cinéma et parce qu’il a casté trois têtes d’affiches plus identifiables du grand public. Blanche Gardin d’abord, qui semble tracer sa voie de plus en plus souvent sur le grand écran ainsi que l’inénarrable Philippe Katerine qui semble faire de même. Le trio est complété par Bastien Bouillon, de plus en plus bankable après « Le Règne animal » et « Le comte de Monte-Cristo ». Ils forment une fraternité crédible et touchante où les deux premiers sont beaucoup plus sobres (mais tout aussi bons) qu’à l’accoutumée.

Quand on entre dans ce film, on ne sait pas trop vers quoi ça va tourner. Et puis, finalement, on se rend compte qu’on est dans une comédie d’un retour aux sources. Gardin joue une exploratrice du Groenland qui vient de se faire larguer et licencier et qui revient dans le ferme Jurassienne où vit son frère. Son retour au village fait des étincelles. C’est simple, drôle et iconoclaste sur bien des points. On rit beaucoup, notamment de certains quiproquos croustillants comme la séquence où elle retourne bourrée chez son ex mais aussi grâce à un comique de situation souvent original comme lorsque Philippe Katerine est coincé par le vertige lors d’une randonnée et que son écho répercute ses cris avec sa voix si particulière. « L’incroyable femme des neiges » est alors un film léger, simple, frais et plaisant.

Puis, sans crier gare, le long-métrage effectue une césure brutale mais pas désagréable. On se retrouve au Groenland et on part dans quelque chose de plus dramatique. Pourtant, on n’est pas pour autant ici dans une comédie dramatique mais dans une œuvre totalement bicéphale où « L’incroyable femme des neiges » passe de la comédie pure au drame quasi mystique sans que ce soit gênant. La seconde partie optimise les sublimes décors glacés du Groenland et propose quelque chose qui fait réfléchir sur la vie, la mort et ceux qu’on laisse. Sans jamais sombrer dans le pathos, on vibre avec le personnage de Gardin et on s’immerge avec le sourire malgré tout dans la communauté inuite. On parle aussi avec beaucoup de justesse des liens dans une fraternité. C’est beau, c’est fort mais c’est aussi simple encore une fois sans que ce soit péjoratif. Un film étonnant dans sa construction et réussi dans ce qu’il entreprend.

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