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L'homme qui rétrécit

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Rémy Fiers

Le (petit) homme de la cave.

Jan Kounen est un auteur qui touche un peu à tout. Qui expérimente. On est donc guère étonné de le retrouver à la tête d’un projet aussi ambitieux et risqué que celui-ci. Il a été découvert avec le film punk et culte « Doberman » il y a trente ans et depuis il a aussi bien traîné ses guêtres sur le grand écran que pour faire des courts-métrages, des séries voire même des films expérimentaux. Il expérimente d’ailleurs souvent dans ces films. Et concernant ceux-ci, il a abordé des genres aussi variés que le biopic d’époque (celui sur Coco Chanel), le western fantastique (« Blueberry ») ou encore la comédie comme dans son dernier film, « Mon cousin ». Des films pas toujours convaincants si ce n’est un dernier qu’on n’a pas cité : le culte, délirant et génial « 99 francs », déjà` avec Jean Dujardin, sur le monde de la publicité. Pas étonnant donc de le retrouver à la tête d’un projet aussi risqué et conceptuel adapté de l’illustre roman éponyme de Richard Matheson (et déjà adapté par l’auteur lui-même pour Jack Arnold en 1957). Une œuvre qui plongeait donc dans la science-fiction que l’on pourrait appeler de quantique (comme peuvent l’être les films sur la téléportation ou le voyage dans le temps) et qui partait plutôt dans l’horreur. Et puis il y a eu un dérivé, une version familiale inspirée par ces œuvres tutélaires : le film d’aventures pour toute la famille « Chérie, j’ai rétréci les gosses ». Et bien la version tricolore « L’homme qui rétrécit » cru 2025 ne ressemble ni à l’un, ni à l’autre. Et tant mieux, me direz-vous? Oui et non...

D’abord oui parce qu’elle évite le simple remake à velléité mercantile sen mode grosse production franchouillarde. Et oui aussi parce qu’une simple nouvelle adaptation similaire n’aurait d’utilité que pour sa modernisation de l’histoire mais cela permet néanmoins la possibilité d’effets spéciaux dernier cri que n’existaient pas les années 50 et les années 80. Donc cela fait plaisir de voir un film, surtout français, avec des effets spéciaux aussi réussis et impressionnants. Et puis si ces films ne sont pas tous géniaux, on ne peut lui enlever : Jan Kounen est un très bon faiseur d’images qui en jettent, probablement grâce à son passé de publicitaire et cette nouvelle version de « L’homme qui rétrécit » est formellement impeccable. Et non parce qu’on aurait rêvé d’un grand film d’aventures plein de moments spectaculaires dignes des plus grands blockbusters hollywoodiens. Ce que le film n’est pas du tout. Le script choisit une voie certes audacieuse mais peut-être un peu frustrante : celle du survival en solo dans un espace clos à connotation introspective et philosophique. Après une mise en route intrigante et prenante qui voit Dujardin rapetisser petit à petit, une fois qu’il est enfermé dans la cave et se retrouve en solo, on serait presque dans « Seul au monde » et son mode survie avec les moyens du bord (un film qu’on a le droit de ne pas apprécier). La seconde partie finit donc par un peu ennuyer et la fin ouverte n’aide pas à considérer de meilleure façon le film. Quant à la dissertation philosophique en voix off, on n’est clairement pas convaincu car sa vacuité et sa trivialité n’apporte aucune véritable réflexion pertinente. Voilà donc un film ambitieux mais au positionnement étrange qui nous laisse un peu sur notre faim. Dans le même genre et bien plus passionnant et poétique, revoyez plutôt le malaimé et pourtant magnifique « Downsizing » d’Alexander Payne avec Matt Damon.

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