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L'homme aux murmures (The Whisper Man)

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Rémy Fiers

Murmures déjà entendus.

Certes, c’est une production Netflix de série (donc il est légitime d’avoir peur). Cependant, ce n’est pas un film concept comme la plateforme adore en produire pour ne pas en faire grand-chose (la liste est longue, inutile de commencer à en citer quelques exemples). Ici, on est dans l’adaptation d’un polar avec un réalisateur prometteur à la barre, James Ashcroft. L’australien a été découvert il y a deux ans avec le sympathique film d’horreur gériatrique « The rule of Jenny Pen ». Le casting réuni pour l’occasion est impressionnant : Robert De Niro, Adam Scott (le héros de « Severance »), Michelle Monaghan (la femme de Tom Cruise dans la saga « Mission : impossible » ou la dernière saison de « The White Lotus ») et le grand Michael Keaton. Et « The Whsiper Man » est l’adaptation d’un polar à succès. C’est ce qui s’appelle une production avec les étoiles de la réussite alignées à la perfection. Et, en effet, voilà un long-métrage qui fait le travail dans les grandes largeurs et qui nous happe durant ses deux petites heures sans trop forcer. La thématique de la transmission du mal (ou du bien) et la dynamique père-fils est par ailleurs bien exploitée et il faut souligner l’excellente et angoissante bande sonore. On a le droit aussi à quelques belles scènes entres les acteurs, notamment celles à la prison ou entre De Niro et Scott qui règlent leurs comptes. Et puis il y assez de rebondissements pour nous tenir en haleine.

Cependant, au sein de ces divers rebondissements, tous ne fonctionnent pas aussi bien qu’espéré. On pense par exemple au rebondissement final induisant une note de surnaturel. Il est d’abord assez prévisible et finalement peu soluble avec le reste. Mais, surtout, ce qui empêche « The Whisper Man » d’être un grand thriller à la « Prisoners » ou autres films du genre mettant en scène ce type d’histoire c’est bien son côté déjà-vu et balisé. Comme si Ashcroft avait peur d’innover visuellement comme sur le fond, il applique une recette éculée sur toutes les strates de son film de commande. Alors oui, cela fonctionne au niveau du divertissement sur le moment mais rien n’est fait pour rendre le long-métrage mémorable ou différent. La mise en scène est efficace mais éminemment classique, les acteurs sont bien dirigés et font le travail mais ne sortent pas des clous. Même sur l’atmosphère poisseuse mise en branle, rien n’est fait pour l’optimiser et mettre mal à l’aise comme il l’avait fait sur son précédent film. Et le cadre triste de cette petite ville du New Jersey est tellement déprimant que cela se ressent sur l’aspect visuel du film, tout aussi triste et terne. Au final, c’est prenant, on a envie de savoir la fin et quelques surprises émaillent le tout mais rien ici qui nous fera nous rappeler de ce film après quelques jours. Du polar de série pépère et formaté en somme.

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Acceptable
Alain Pinel

Si vous n'avez rien d'autre à faire

Encore une preuve qu'une bonne distribution ne suffit pas pour faire un bon film. Les acteurs et actrices doivent ce débrouiller ici avec un scénario très pauvre, manquant cruellement d'originalité, mal filmé et plein d'invraisemblances. Cela peut faire l'affaire pour passer le temps, sans plus, mais on n'en retiendra ni n'en retirera rien d'intéressant ensuite.