Ça stone (pas assez)!
Dans le genre de niche par excellence, je cite le « film de stoner ». Vous savez ce type de productions extrêmement rare qui prend les allures d’une comédie totalement absurde et perchée portée par des personnages défoncés à toutes les substances psychoactives possibles. C’est bien simple avec ce type de longs-métrages, deux options s’appliquent, sans réel juste milieu. Soit il est totalement réussi, de manière parfois magique et improbable. Et ceux-là sont très rares. On peut citer le maître-étalon du genre, « Las Vegas Parano » mais aussi l’imparable et à mourir de rire « Délire express » ou encore le nanar culte du genre intitulé (cela ne s’invente pas) « Eh mec! Elle est où ma caisse? ». Récemment, on a aussi eu le sympathique et plus adolescent « Pizza Movie ». Et si on élargit, on retrouvera les films d’alcooliques et de gueule de bois comme la saga « Very Bad Trip ». Et puis il y a tous les autres. Et c’est la deuxième possibilité. La mayonnaise ne prend pas, le film est lourd et pas drôle et il est oublié dans les limbes des fonds de tiroir des studios à tel point qu’on ne peut même pas se souvenir d’un quelconque exemple. Et, pas de chance, « Wrong Girls » fait partie de cette seconde catégorie. Ou plutôt, il risque de s’y retrouver.
Pourtant, on partait confiant et plutôt serein. Rien que de voir ce type de films plutôt masculins se tournait vers des protagonistes féminines était prometteur. Notamment avec une Kristen Stewart décidément en mode caméléon et qui joue très bien les fumeuses de joint à côté de la plaque. Mais le jeu de l’actrice et de sa complice Alia Shawkat (vu dans l’immense « Blink Twice ») tout autant que leur complicité qui traverse l’écran ne sauve pas le film du presque ennui. En effet, « Wrong Girls » est rarement drôle. On sent la volonté de nous faire rire, d’être inventif. Malheureusement, un gag sur dix fonctionne vraiment. C’est aussi le propre du rire et de la comédie : ce qui fera rire l’un, ne fera pas rire l’autre et inversement. Donc il est possible que cet avis ne soit pas valide par d’autres. En tout état de cause, nos zygomatiques n’ont guère été sollicitées et cette histoire de prime abord complètement tordue et censée être drôle ne l’est pas tant. Les pérégrinations de ces deux copines ne sont pas si originales hormis le contexte de ce liquide étrange qui amène le film vers la science-fiction azimutée. Et, pour son premier film, la jeune cinéaste Dylan Meyer semble chercher le style des années 90. Mais tout cela fait vieillot en plus d’être trop bavard. Mais, surtout, il semblerait qu’elle ait trop hésité entre aller dans un délire total ou se retenir, et cette hésitation se ressent trop, handicape le film et aboutit à un entre-deux raté.
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