Par le pouvoir... Eh oui!
Quelle drôle d’idée de déterrer une vieille série animée des années 80 qui a enchanté les enfants et les adolescents de cette époque? Rappelons cependant qu’elle découle d’une licence de jouets inventée par Mattel. Un matériau de base très kitsch et vintage qui avait déjà donné un film de sinistre mémoire dans les années 90. Mais après tout pourquoi pas? On a bien eu une adaptation assez réussie de « Barbie », l’un des plus gros cartons récents au box-office, et une palanquée de films issus des jouets « Transformers ». Même le jeu de société « Monopoly » a failli être adapté pour le grand écran. Il faut avouer qu’on avance tout de même à tâtons dans la salle, curieux de ce que va donner ce blockbuster à 170 millions de dollars en 2026 mais méfiant de devoir se taper une purge ridicule et mercantile. Contre toute attente, « Les Maîtres de l’Univers » n’est pas la catastrophe annoncée ou la grosse production sans âme plongeant dans la bouffonnerie. Ce qu’il aurait pu être. On est davantage dans la veine du récent (et assez réussi) « Donjons et dragons » que dans le foireux « Rebel Moon »...
Il est même pertinent de dire que le film de Travis Knight (qui s’y connaît en jouets retranscrit sur le grand écran avec « Bumblebee ») lorgne souvent du côté de « The Suicide Squad » (la claque de James Gunn pas le tollé de David Ayer) et que la nostalgie fait son petit effet. Avec sa bande de bras cassés, son humour second degré, ses bastons dantesques et sa tonalité caustique, il y a un peu de ça et c’est une excellente nouvelle. Cependant, on peut balancer cela par d’autres moments bien mois réjouissants où le long-métrage vire plutôt dans la catégorie de « Power Rangers » (le film comme la série), le projet ne parvenant pas toujours à s’affranchir du kitsch indélébile de sa proposition. Il n’en reste pas moins que cette adatpation qui se positionne comme un drôle de mélange entre le space opera à la « Star Wars » (Mattel a créé cet univers pour concurrencer la saga de Georges Lucas) et l’heroic fantasy du type « Donjons et dragons » justement nous fait passer un bon moment de divertissement.
« Les Maîtres de l’Univers » aurait pu être encore mieux sans ses quelques défauts notables. Il y a d’abord un ventre mou au milieu, une fois que le prince Adam quitte la Terre et récupère ses pouvoirs. Il y aurait pu y avoir vingt minutes de moins qu’on n’y aurait rien vu. Ou alors utiliser ce temps pour approfondir certains personnages comme Evi-Lyn joué par Alison Brie chez les méchants ou Bélier chez les gentils qui ne sont que des vignettes sans aucun background. Ensuite, certains effets numériques, notamment les arrière-plans dans certaines séquences d’action, sont trop voyants. On le remarque surtout dans la séquence de poursuite en vaisseau spatial, la moins maîtrisée. À contrario, le film est généreux en batailles et scènes de baston spectaculaires et impeccablement maîtrisées par Knight. Quand Musclor utilise ses pouvoirs, on se réjouit et nombre de combats sont vraiment galvanisants. Mais ce qui sauve l’ensemble du film, c’est son second degré salvateur, salutaire et impeccablement distillé dans l’histoire. Que ce soit les géniales séquences sur Terre, très drôles, au méchant Skeletor (joué par Jared Leto) qui s’auto parodie avec délice, ce côté pince-sans-rire et cette tonalité qui ne se prend jamais au sérieux rend « Les Maîtres de l’Univers » encore plus attachant. Et Nicholas Galitzine dans son premier rôle en tête d’affiche de blockbuster est tout bonnement excellent. Une bonne surprise même si ça reste plus familial et mainstream que véritablement époustouflant.
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