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Les Hauts de Hurle-Vent

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2 critiques

Mauvais
a cinémaniac

DÉCEVANT

Pourquoi une autre version cinématographique de ce classique littéraire ? Malgré une belle photographie, des décors et des costumes magnifiques cela ne m`a pas impressionné pour ce qui est de l`interprétation des 2 acteurs principaux que j`ai trouvé par moment non crédible et forcé . Bref un bel emballage mais un contenu sans émotion crédible.

Acceptable
Rémy Fiers

Romantisme toc et tape-à-l'oeil.

Après avoir apprécié (ou plutôt littéralement adoré) les deux premiers de films de l’actrice britannique Emerald Fennell (Camilla Parker Bowles dans « The Crown »), on attendait ce troisième film avec impatience. En effet, le thriller de vengeance post MeToo « Prominsing Young Woman » fut une excellente surprise dont la sortie a été malheureusement sacrifiée durant les mesures sanitaires. Puis, même si le passage au second film est réputé difficile, elle nous a subjugué avec l’étude de caractères vénéneuse et amorale « Saltburn ». Quand on a appris qu’elle allait adapter l’illustre roman d’Emily Brontë à sa sauce avec deux des comédiens les plus en vue d’Hollywood (la star Margot Robbie et le nouveau sex symbol Jacob Elordi), l’excitation était à son comble... et à la hauteur de la déception. Clairement, « Hurlevent » est une adaptation audacieuse, on ne pourra le nier, mais qui en décevra probablement la plupart par sa superficialité.

On ne pourra pas non plus parler d’une complètement œuvre ratée tant Fennell va au bout de sa proposition qui s’avère maîtrisée dans la note d’intention. Cependant, on est en droit de ne pas accrocher à ses partis pris singuliers et ses délires esthétiques qui annihilent souvent ce qui fait la puissance et la sève de l’œuvre littéraire. Cette version qui passe après tant d’autres (sans qu’aucune soit meilleure ou définitive) est peut-être celle qui s’éloigne le plus du texte original, tout en l’assumant et, cela, on ne pourra pas le lui retirer.

L’impression tenace qui nous parcourt est que la cinéaste se sert de cette illustre matériau de base pour le triturer dans une sauce excessivement baroque et gothique, éloignée de toute réalité, et le rendre alléchant pour la génération Tiktok et Instagram. Grossière erreur... Comme un rêve (ou un cauchemar) éveillé, dans tous les sens du terme, qui en oublie sa vertu première et son message toujours d’actualité sur les rapports de classe, de sexe et tutti quanti. En oute, on attendait un film sulfureux et passionné mais on se retrouve plutôt avec un long-métrage au romantisme niais où le feu des passions a bien du mal à traverser l’écran, comme étouffé par toute l’armada formelle mis en branle pour l’occasion. Et, désolé de le dire, mais l’alchimie entre Robbie et Elordi ne crève pas l’écran. La première est trop âgée pour le rôle et le second a beau être magnifique, son jeu est, pour une fois, assez fade.

« Hurlevent » peut quand même charmer visuellement dans ses débuts. Mais plus le film avance, plus on hésite entre diverses impressions souvent peu reluisantes. On a parfois l’impression d’être dans un clip pop de Mylène Farmer, ce que les chansons pourtant correctes de la pop-star Charlie XCX viennent appuyer. À d’autres moments, on croit être dans une publicité pour parfum Dior quand ce n’est pas une sensation de feuilleter un magazine de mode animé. Dans tous les cas, le film est tourné comme un délire onirique sur certaines séquences (les plus nombreuses) et de manière plus terre-à-terre à d’autres. Ce sont d’ailleurs ces scènes les plus probantes et touchantes. Néanmoins, avouons-le, cette version n’est pas avare en fulgurances visuelles, on ne va pas faire la fine bouche devant certains tableaux inspirés de la cinéaste.

À ce titre, les décors et costumes sont aussi incroyables que bizarres et volontairement anachroniques tandis que l’univers glacé proposé entre un défilé de mode Lacroix et un roman photo de Pierre & Gilles nous tient à distance. Mais certains tableaux impressionnent comme la scène finale de la mort de Catherine ou les séquences sur les rochers désolés fouettés par les vents. Le film est peut-être davantage destiné à un public féminin ou fleur bleue, ces passions torturées ne nous touchant que rarement et l’émotion restant à l’entrée de la salle si on n’est pas de cette trempe. Fennell ne parvient pas à retranscrire l’horreur morale et destructrice du roman en s’en affranchissant. Tout comme son long-métrage ne sent pas pas le souffre et la luxure comme le faisait si bien son précédent, « Saltburn ». Résultat, cet « Hurlevent » 2026 nous paraît froid, désincarné et surtout interminable. Un plaisir des yeux par instants dont les libertés prises avec le roman nous apparaissent vaines. Bref, ce n’est pas à proprement parler mauvais mais c’est assurément une grosse déception.

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