Cette saga spin-off des « Harry Potter” avait déboulé avec brio dans les salles il y plus de cinq ans, prolongeant intelligemment la saga mère. Sous forme de préquel, elle élargissait ainsi l’univers original avec plein de nouveaux personnages et un contexte encore plus foisonnant laissant libre cours à des effets spéciaux dantesques recréant la magie de l’œuvre de J.K. Rowling de la plus belle des manières. Si le second opus perpétuait cet enchantement visuel de chaque instant devant nos yeux ébahis, le scénario partait dans tous les sens et s’avérait on ne peut plus boiteux. Les profanes n’ayant pas lu les livres et venant seulement se divertir occasionnellement avec les opus de la saga en auront été pour leurs frais avec cette intrigue opaque et mal écrite qui avait même déçu certains fans. Bref, au bout d’un moment, une partie du public avait décroché devant cette suite froide et nébuleuse.
Avec cette troisième partie, le tir est corrigé, l’intrigue étant bien plus claire et limpide pour le non initié. Agréable, dynamique et toujours aussi magique et enchanteur au niveau esthétique, elle rattrape aisément les errances narratives de son prédécesseur même si le charme et la surprise du premier épisode ne sont évidemment plus de la partie. Mais on apprécie plusieurs détails qui, mis bout à bout, donnent un petit coup de sang neuf à la saga. D’abord, on change de décor, laissant les sempiternels Londres, New York et Paris de côté pour situer l’action dans des endroits plus exotiques ou moins communs sur le grand écran. D’un passage à Poudlard en passant par un monastère au Bhoutan du plus bel effet sur la pellicule ou encore par Berlin, c’est dépaysant et ça change. D’ailleurs, lors de la partie allemande, le parallèle des actions de Grindelwald avec un certain régime nazi est parfaitement rendu sur la forme comme sur le fond. Ensuite, le fait de figurer Dumbledore et Grindenwlad comme un ancien couple gay est plutôt osé mais bienvenu et parfaitement rendu.
Les effets spéciaux et l’aspect formel dans son ensemble sont toujours aussi impeccables. Les mondes recréés pour l’occasion, les différentes créatures présentées, les sorts lancés entre sorciers et la direction artistique dans son ensemble sont irréprochables. On a bien sûr un peu l’impression que c’est un épisode qui ne fait pas beaucoup avancer les enjeux, voire même qui fait du surplace, mais le divertissement est bien là. On ne voit pas les plus de deux heures du long-métrage passer. C’est comme une attraction d’un parc à thème qui nous en met plein la vue mais étalé sur le temps d’un film. La passation de rôle entre Johnny Depp est Mads Mikkelsen ne se ressent pas outre mesure et on est content de retrouver la plupart des personnages et d’en découvrir d’autres. Un nouvel épisode conforme aux attentes, ni plus, ni moins, mais qui rattrape clairement la déception du précédent.
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