Film rance et pénible.
Cette coproduction entre la Belgique et le Québec (chose assez peu commune dans le paysage cinématographique) entend revenir sur un fait divers ayant défrayé la chronique en Wallonie en 2018. Un enfant de migrant avait en effet trouvé la mort suite à un tir policier. Déjà, on a vraiment du mal à cerner la position de la cinéaste et de son équipe à l’écriture. Avec « L’enfant bélier », il est impossible de savoir pour qui ou quoi prend parti le film, laissant le spectateur dans une zone grise inconfortable et malhonnête. Le fond est éminemment politique et social puisqu’il s’agit ici de la traite d’êtres humains (donc ici de migrants) et d’immigration illégale. Si on sent tout de même que le film dénonce les passeurs et ledit trafic, impossible de savoir si ces clandestins et ces arrivées d’étrangers sur le sol européen sont pointés du doigts ou mis sous le sceau de la pitié et de l’empathie. Il est donc pratiquement évident que ce long-métrage ne fera bouger aucune ligne, les spectateurs opposés à l’immigration devraient l’être encore plus quand ceux qui y sont favorables éprouveront leur humanisme. Sur le fond, c’est donc une œuvre vaine qui s’annule d’elle-même. Et ajoutons à cela un script erratique qui ne sait pas quoi faire de son sujet et de ses personnages, tous mal écrits, malgré un jeu convaincant de Salim Kechiouche.
Cependant, le film n’est pas mauvais que sur le fond. La forme est elle aussi déplorable. Rarement, on a vu une œuvre aussi désagréable à regarder. Certes les décors sont forcément moches entre aires de repos anonymes, centre d’appel et camp de migrants. Marta Bergman en rajoute une couche avec une mise en scène sans aucune direction claire et dotée d’images profondément laides. « L’enfant bélier » est pénible à regarder. Et que dire de l’une des pires entames vues au cinéma de récente mémoire. Les vingt minutes inaugurales, immobiles dans la tente du couple de migrants (pour lequel on ne ressent absolument aucune compassion, les personnages étant détestables notamment la mère) sont vraiment un exemple de tout ce qu’il ne faut pas faire au cinéma. Ça s’améliore un peu par la suite en milieu de film, la partie traque développant quelques faits intéressants sur la manière d’agir de la police. Et quand le drame arrive c’est également un raté total de mise en scène, peu lisible et où l’aspect tragique ne nous prend jamais aux tripes. Les acteurs ne jouent en outre pas toujours juste ni de manière cohérente et le film se clôt ensuite de manière paresseuse et sans intérêt. Bref, voilà une heure et demie plutôt désagréable où on trouve le temps long et qui énerve plus qu’elle n’ouvre le débat. À éviter!
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