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L'élue

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Rémy Fiers

Bizarrerie inaboutie.

Osgood Perkins fait désormais partie des cinéastes contemporains qui tournent à un rythme stakhanoviste. Dans le passé, il y avait par exemple Woody Allen et son cru annuel. Aujourd’hui, nous avons, entre autres, François Ozon qui tourne plus vite que son ombre côté français et Luca Gudagnino à l’international, même si ce dernier tourne beaucoup aux États-Unis. Il faudra désormais ajouter Osgood Perkins à cette liste de cinéastes qui ne semblent ne pas se reposer. Lui officie dans le domaine du film de genre et plus précisément celui de l’elevated horror comme Ari Aster à ses débuts ou Robert Eggers. En effet, il y a eu l’excellent « Longlegs » il y a un an et demi. Une œuvre marquante mais peut-être pas aussi incroyable qu’attendu à cause de sa fin virant maladroitement dans le fantastique. Plus tôt cette année, on a eu l’adaptation d’un roman de Stephen King, l’amusant mais vite oublié « The Monkey » et voilà que débarque déjà « L’Élue ». Trois films en un peu plus d’un an c’est beaucoup.

Et le prodige esthétique et roi des ambiances étranges devrait peut-être s’accorder à ralentir ce rythme car son dernier opus n’est clairement pas terrible. Peut-être qu’un rythme moins soutenu lui permettrait d’approfondir certaines choses et ôter certains défauts de ses films, notamment celui-ci qui est sans aucun doute son moins réussi depuis qu’il a été révélé avec « Hansel & Gretel ». Perkins est toujours aussi doué visuellement et ses films ont toujours une patte esthétique marquée et qui devient de plus en plus reconnaissable. Il y a cette ambiance anxiogène qui met mal à l’aise, ces cadrages biscornus et très travaillés, ces couleurs froides ou encore ces choix formels baroques comme dans le climax, etc. Cependant, si « L’Élue » est une œuvre flatteuse pour nos mirettes, on aurait aimé que ce soit au service de quelques chose de plus substantiel et de moins ennuyant sur le plan narratif.

On n’ira pas jusqu’à dire qu’on est dans le cliché de l’horreur intello, contemplative, chiante et poseuse mais encore un peu et c’était le cas. Il n’empêche, « L’Élue » demeure un film aux bases classiques, si ce n’est trop vues et au déroulement particulièrement monotone. Des personnages qui vont s’isoler dans un chalet le temps d’un weekend avec une menace en toile de fond... Si on n’a pas déjà vu cela mille fois! Et hormis le final, l’intrigue a bien du mal à nous embarquer si ce n’est quelques visions cauchemardesques, angoissantes et réussies pour nous réveiller le temps de deux ou trois sursauts ou moments malaisants. Par contre, quand arrive le final sur-explicatif, difficile de dire si c’est du génie ou du grand n’importe quoi. En tous les cas, s’il est plutôt effrayant avec des créatures originales, c’est au service de pas grand-chose, tant les thèmes sur le couple sont survolés et le fond de l’histoire toujours aussi nébuleux une fois le générique en place. Bref, une déception que ce petit film d’horreur psychologique bizarre dans le mauvais sens du terme.

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Minable

ENCORE ???...un autre ?

"...se rendent dans un chalet isolé..."