Indiana Toc.
Voir Fabrice Luchini en ersatz hexagonal d’Indiana Jones, Benjamim Gates ou encore Tintin dans un film d’aventures entre l’Égypte et Paris avait de quoi intriguer. Et puis il est rare de voir ce type de productions en France si ce n’est un « Belphégor » de triste mémoire ou des films d’aventures plus sérieux qui sont complètement passés inaperçus comme, au hasard, « 600 kg d’or pur ». Réalisé par la comédienne Barbara Schulz plus connue à la télévision qu’au cinéma et qui signe ici sa toute première réalisation, « Le secret de Kheops » n’est malheureusement pas du tout à la hauteur de ces belles promesses.
Dès la séquence d’ouverture, on sent que la tonalité très franchouillarde et cheap ne va pas aller dans le sens d’un film d’aventures très pointu et palpitant. Fabrice Luchini est venu ici pour s’amuser, cela se ressent, et il sera clairement l’indicateur principal de l’appréciation du film ou pas. Son abattage pour ses fans ou son cabotinage pour ses détracteurs (il semble ici plus que jamais en roue libre et dominer la réalisatrice par son tempérament unique), va permettre au long-métrage d’être potable et regardable pour ceux qui l’apprécient ou agaçant et mauvais pour ceux qui l’abhorrent. Premier choix pour nous, car il sauve le film par ses mimiques et son phrasé si reconnaissable (un peu comme un Christian Clavier dans un autre genre plus populaire). En revanche donc, ceux qui n’adhérent pas risquent de trouver ce film très pénible et embarrassant.
Le reste du casting est là pour lui servir la soupe. Julia Piaton semble être une comédienne au jeu limité, nous refaisant ici ce qu’on l’a vue faire dans ces précédents films : la fille agacée mais gentille. Les autres sont inexistants. Et le trop-plein de personnages autour d’une intrigue inutilement complexifiée et finalement très simple n’est clairement pas à l’avantage du film. Surtout que dans cette histoire où le but est de retrouver un trésor ancestral, le cheminement de cette troupe de personnages manque curieusement de dépaysement, d’exotisme et de magie. Un comble! Et que les facilités pleuvent... On dirait que tout leur réussit et qu’ils font des déductions comme s’ils étaient aidés par le Saint-Esprit à tel point que cela en devient presque incohérent.
On suit donc « Le secret de Kheops » avec peu d’entrain. Tout ici est programmatique et prévisible et le résultat est presque vieillot. Sans la présence d’un Luchini dont on se demande ce qu’il est venu faire là-dedans, ce long-métrage ne serait bon qu’à être diffusé à la télévision. Et ce n’est pas la réalisation plate et justement très télévisuelle de Barbara Schulz qui nous fera dire le contraire. Sans être totalement déplaisant grâce à son rythme et quelques séquences cocasses, ce film manque cruellement d’humour et d’aventures. Bref, rien de transcendant et le dépaysement et l’originalité promises sont aux abonnés absents.
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