Le sang du pélican de Denis Boivin
Quelques flashes qui me viennent spontanément quand je repense à ce film.
Une leçon d’Histoire de la Nouvelle-France distillée à petites doses sans l’encombrement des dates. C’est l’histoire de Marie de l’Incarnation.
Une femme qui a quelque chose de moderne parce qu’elle ose affronter les autorités civile (le gouverneur) et religieuse (Mgr de Laval).
Le passé et le présent font des allers-retours. L’Histoire et la fiction sont présentes, peuvent surprendre même.
Des relations saines avec les autochtones : apprentissage de langues amérindiennes, relations chaleureuses, entre autres.
La musique est sublime. Le chant en innu à la fin, touchant.
Pas de mièvreries de la part des personnages.
Dialogues entre Marie de l’Incarnation (Karen Elkin) et une Ursuline (Sœur Suzanne Pineau), marqués par le naturel et la simplicité.
Des images soignées. Pour traduire les expériences spirituelles de Marie de l’Incarnation le réalisateur montre un coucher de soleil qui se multiplie en trois et puis se fond en un seul, la vision du Sang est traduite par du sang qui coule sur un mur de pierres et les mouettes volant dans un ciel bleu pour dire une autre expérience spirituelle de Marie de l’Incarnation. C’est sans parole et on ne s’y attarde pas.
L’image finale est tout simplement géniale. L’Ursuline très âgée, toute triste de quitter le monastère – les Ursulines de Québec ont quitté le Vieux-Québec pour une résidence à Beauport à l’automne 2018 – sort du monastère soutenue par une Ursuline plus jeune. Celle-là est accueillie et saluée par une nouvelle génération de jeunes pleine de vie, tournée vers l’avenir, des élèves du Primaire. Elle est transformée par cet accueil.
La vie est en avant.
Le film mérite d’être revu…
Hélène Plourde