Il va désormais falloir ranger cette mode polémique qu’a Disney, une mode qui a ses avantages et ses inconvénients aussi bien que ses détracteurs et ses partisans, d’adapter en prises de vues réelles son catalogue de classiques en trois catégories. D’abord il y a la plus fournie, celle des productions inutiles, boursouflées et mielleuses à souhait (en gros toutes celles avec princesses humaines qui ne sont pas franchement nécessaires comme « La Belle et la Bête » ou la Belle au Bois Dormant avec « Maléfique » et bientôt « La Petite Sirène » ou encore « Mulan »). Ensuite, il y a celles de Tim Burton, coincées entre la patte de l’auteur et celle de la firme aux grandes oreilles pour un résultat qui le cul entre deux chaises, et il est probable que cette seconde catégorie en reste à deux films que sont « Alice au pays des merveilles » et « Dumbo ». Et, enfin, il y a les seules vraiment réussies et pertinentes, en l’occurrence celles réalisées par Jon Favreau (oui le même qui joue l’acteur dans les films Marvel en Happy) qui sont « Le Livre de la jungle » et donc ce « Roi Lion » purement magique.
En quoi sont-elles différentes des autres ? Tout simplement parce que le progrès technique a permis à ces deux récit initiatiques et d’aventures de prendre vraiment vie sous nos yeux. Ici ce ne sont pas des humains les héros mais des animaux et la qualité des effets spéciaux et des techniques actuelles permet désormais de les faire prendre vie et de les faire parler de manière tout à fait probante. Et ce n’est pas tout, c’est peut-être aussi parce que ce sont deux des œuvres Disney qui parlent à tous, filles comme garçons, jeunes comme moins jeunes. Elles ont une portée bien plus universelle et fédératrice que les contes pour enfants et fillettes avec prince charmant et sortilège que les adaptations live n’ont pas su améliorer et rendre plus contemporaines. Favreau se fait donc le spécialiste des animaux parlants et des paysages de jungle et de savane (il y a donc peut-être redite à son niveau) mais il met ce spectaculaire divertissement en action sous nos yeux et de la plus belle des façons. D’ailleurs, on le comparera plus à un admirable artisan et technicien qu’un véritable réalisateur de film vu la teneur du projet.
Les textures, les regards des animaux et la fluidité de leurs déplacements sont proprement incroyables. Cette technique qui permet de mêler paysages documentaires et animation photo-réaliste est bluffante et ici impeccablement maîtrisée. Mais si on peut reprocher au film d’être refait à l’identique du dessin animé, l’effet de nostalgie jouera à plein nez pour les plus âgés tout en comblant les petits. « Le Roi Lion » était l’un des Disney (si ce n’est LE Disney) les plus appréciés et cultes, son adaptation risque de suivre le même chemin dans sa catégorie. Lorsque débute le générique, lorsque les rares chansons sont entonnées ou lors des scènes phares, notre fibre nostalgique bat son plein et on est conquis. C’est toujours aussi mignon mais juste comme il faut, pas trop niaiseux. C’est plein de péripéties qui en mettent plein les mirettes, on rit beaucoup et c’est rythmé du début à la fin. On a même les larmes au bord des yeux dans certaines passages comme à la belle époque. « Le Roi Lion » version 2019 est une grande réussite (certes plus visuelle et technique qu’autre chose) qui nous donne le sourire aux lèvres durant plus d’une heure et demie et nous ramène à notre âme d’enfant. Bravo !
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