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Le rendez-vous de l'été

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Rémy Fiers

Rendez-vous lunaire.

Pour une première œuvre, on ne peut nier que « Le Rendez-vous de l’été » fasse entendre une petite musique singulière et pleine de charme. C’est le genre de film un petit peu insignifiant – on ne pourra pas le nier non plus – et qui risque d’être vite oublié mais que l’on prend plaisir à regarder tant il regorge de petites choses sympathiques et prometteuses de la part de sa réalisatrice. Valentine Cadic a, en outre, le bon goût de nous gratifier d’un film très court (à peine une heure et quinze minutes hors générique) ce qui convient bien au propos du film assez mince et à une histoire finalement très parcellaire.

Ce côté quelque peu futile et d’une simplicité qui confinerait presque au pas grand-chose mis de côté, on ne peut donc s’empêcher d’adhérer gentiment à cette chronique estivale nonchalante et solaire. Cela notamment grâce à deux atouts qui font quasiment tout pour nourrir ce sentiment positif que l’on ressent devant « Le Rendez-vous de l’été ». D’abord il y a le contexte des Jeux Olympiques de Paris en toile de fond qui est parfaitement exploité. Et exploité sous son meilleur jour si ce n’est la pique envoyée aux organisateurs concernant les sans-abris évacués de la ville. Ici, Paris est joyeux, Paris est beau, Paris est une fête, Paris est solaire. Et cela fait du bien de voir la capitale française montrée de la sorte même si la réalité est souvent autre.

Ensuite, le long-métrage nous présente une probable révélation. Le genre d’actrice inconnue qui porte un film sur ses épaules. Blandine Madec est de cette catégorie. Son physique et son phrasé singulier risquent peut-être de l’enfermer dans certains types de rôles mais au sein de « Le Rendez-vous de l’été » c’est ce qui s’appelle un coup de maître niveau casting. Son personnage complètement à l’ouest, à la fois doux et mou, qui débarque de la campagne bretonne dans ce barnum parisien olympique est génial mais l’actrice y est pour beaucoup. L’exemple parfait : la scène au commissariat de police où elle est en garde à vue est très drôle tout en restant naturelle.

On a donc ici une sorte de balade dans un Paris galvanisé par la cérémonie sportive où notre personnage va errer au gré de rencontres tantôt cocasses, tantôt évanescentes et cela va nous porter durant les quatre-vingt minutes d’une première œuvre attachante. India Hair, dans le rôle de la sœur, est un second rôle de choix et leur relation permet un léger point d’attache dans la narration. Alors certes, il ne se passe pas grand-chose et le film manque peut-être un peu d’ambition et d’un véritable point de vue mais cette petite balade est assez plaisante et iconoclaste pour mériter notre attention.

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