Je me souviens.
En 1997, « Scream » lançait la seconde vague des slashers après celle des années 80, représentée par des œuvres devenues cultes et adulées telles que les « Halloween » et autres « Vendredi 13 » qui ont engrangé plus de suites que n’importe quelle saga. La même année et par le même auteur sortait « Souviens-toi... l’été dernier », en mode moins satirique et davantage premier degré où sévissait le fameux tueur pêcheur au crochet. Un film, il faut l’avouer, moins mémorable également. Les deux ont eu un succès monstre qui a entraîné de nombreux autres avatars comme « Urban Legend » ou « Mortelle Saint-Valentin ». Puis le genre est de nouveau tombé dans l’oubli plus de quinze ans.
En 2022, le cinquième opus de la saga de Ghostface est resuscité en forme de legacy sequel et sobrement intitulé « Scream ». Carton plein. Et voici que c’est au tour de « Souviens-toi... l’été dernier » de subir le même lifting. Des sagas jumelles qui semblent destinées à des trajectoires similaires même si la seconde restera toujours un rejeton moins glorieux. Ici, on a donc sensiblement la même histoire réactualisée à notre époque avec de nouveaux personnages, les anciennes stars de la saga et du fan service nostalgique. En gros et pour simplifier : un mélange de remake, de suite et de reboot. Et comme « Scream 6 » est déjà sorti et que le septième en tournage, il est probable qu’en cas de succès on ait droit à une nouvelle suite de « Souviens-toi... l’été dernier » et probablement à un nouvel « Urban Legend ». Alors certes, cela démontre un recyclage intempestif de la culture mais c’est un peu pareil dans tous les domaines comme, au hasard, la mode.
Il est vrai que, contrairement à « Scream », le fait que cette saga moins honorable soit plus sérieuse pouvait laisser craindre le pire. Mais pour toute personne fan des slashers et de leurs codes dans sa jeunesse, cet opus agit comme une Madeleine de Proust. Un peu comme le sympathique « Do revenge » de la même cinéaste ici à la barre ravivait le souvenir des « Sexe intentions » ou « College attitude ». Il y a un du fan service certes, mais pas trop envahissant et réussi même s’il s’avère programmatique. L’histoire est en revanche assez différente du premier pour ne pas verser dans le plagiat total.
On reprochera toutefois une mise en scène générique et un peu plate de la part de la réalisatrice et quelques fautes de montage, des défauts qui auraient pu être clairement rectifiés. En revanche, en ce qui concerne les incohérences, les personnages clichés et plutôt vides et les dialogues pauvres qui font avancer l’action, il ne faut pas se plaindre : n’est-ce pas le propre de tout slasher? Et s’ils étaient tous intelligents et avec des réactions logiques, il n’y aurait pas de film de toute façon. Il faut donc accepter de se fondre dans le moule de ce sous-genre phare qui entame sa troisième mue et de ses codes. Reproche-t-on à Marvel ou DC ces sempiternelles résurrections de personnages? Non. CQFD.
Dans cette resucée agréable et sympathique à défaut d’être renversante, on apprécie donc le nombre de meurtres et l’ingéniosité de certains (le premier est génial), bien plus importante que dans le premier film très chiche à ce niveau. On n’est pas non plus au niveau du second au Bahamas qui s’apparentait à une boucherie mais les tueries – socle de ce type de films – sont solides et plutôt cool et perverses. L’intrigue est dynamique et jongle habilement avec les codes d’aujourd’hui, les traces du passé et le mélange des deux avec des clins d’œil qui sont amusants. Quant à la fin, elle s’avère complètement ridicule et improbable de prime abord pour finalement ne pas l’être du tout et oser quelque chose qui divisera mais fait du sens avec un second twist. Un bon petit moment pour tout amateur qui a envie de retrouver les sensations de jeunesse de cette période (ou de les découvrir).
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.