Fausse belle promesse.
Découvert par l’écurie Besson au début des années 2000 avec des films d’action comme « Le Transporteur » et « Danny the Dog », Louis Leterrier a vite signé à Hollywood pour devenir un honnête faiseur de blockbusters musclés et spectaculaires qui font rarement dans la dentelle à l’instar de « Le Choc des Titans » ou du Marvel « L’incroyable Hulk ». Plus récemment, c’est lui qui a été choisi pour clore le final de l’increvable saga « Fast and Furious ». Bref, technicien appliqué et à l’aise avec les gros budgets, sa filmographie verse clairement dans le très commercial et le bourrin. C’est pourquoi la première partie de son essai inaugural pour une plateforme étonne. Partant sur un postulat postapocalyptique quelque peu incongru où la pluie enferme les gens dans leurs maisons pour les faire mourir de faim (!), il embraye vite sur un huis-clos survivaliste en conséquence qui voit les quatre membres d’une même famille tenter de survivre au sein de leur propre maison. Et, honnêtement, durant une petite heure – la première partie donc, quand les enfants sont jeunes – on assiste à un beau film d’entraide et de solidarité familiale face à l’adversité. Une famille attachante qui va se serrer les coudes face à une menace étrange, mystérieuse et invisible bien entretenue. Et puis, il a choisi deux des plus grands acteurs récemment révélés sur les écrans. D’un côté, le brésilien Wagner Moura acclamé l’an passé pour « L’Agent secret » et de l’autre la sud-coréenne Greta Lee, révélée par le sublime « Past Lives » il y a trois ans. Ils portent le film sur les épaules, des acteurs moins doués ou aguerris auraient rendu « Le dernier refuge » bien moins convaincant.
On peut donc avancer sans mal que l’on passe plutôt un bon moment durant cette première heure. Puis une très longue ellipse narrative de cinq ans vient changer la donne. Comme si le cahier des charges de Netflix avait demandé aux scénaristes de rendre tout cela plus... tout. Plus spectaculaire, plus effrayant, plus rythmé et finalement cela aboutit à du grand n’importe quoi et gâche toutes les belles promesses initiales. Lorsque la menace prend forme on hésite entre originalité avec design performant ou une approche totalement ridicule. D’ailleurs, on hésite encore! Mais c’est surtout dans les développements suivants du script que cela coince le plus. Les personnages vont enchaîner les décisions illogiques et les facilités de scénario vont entacher le réalisme de la chose. Chaque membre de cette famille semble se transformer en Mac Gyver et leur manière de contourner les obstacles est un peu trop évidente. Et l’astuce de scénario qui leur permet de ne pas subir le même sort que les autres, voire même la logique de la menace pour éliminer la population, ne font aucun sens. Et quand arrive le grand final, ça part dans tous les sens et surtout ceux qu’il ne faut pas. En gros, c’est n’importe quoi et on finit donc par décrocher. Enfin, il ne faudra pas espérer un quelconque discours écologique ou un sous-texte quel qu’il soit. Bref, « Le dernier refuge » c’est une fausse belle promesse qui fait illusion la moitié du temps. Du Netflix quoi...
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