Très classique dans le sens propre et noble du terme, « Le club Vinland » est l’exemple même du beau film à voir avec toute la famille. Le cinéma québécois prouve encore une fois la vitalité et la diversité de ses productions avec cette chronique mêlée de récit d’apprentissage prenant place dans les années 60. On y voit un beau mélange entre le côté suranné de « Les Choristes » et tous les films mettant en scène un professeur avec des méthodes peu courantes, du « Cercle des poètes disparus » à « Esprits rebelles » (même si pour le reste ce dernier n’a rien à voir). C’est à la fois touchant, juste et presque mignon sans être niais. On est certes en terrain connu concernant le déroulement du récit, assez prévisible et tracé, mais un peu moins concernant le contexte.
En effet, dans cette école religieuse, l’un des prêtres qui est le personnage principal développe une passion pour l’archéologie et évoque une hypothèse peu crédible pour l’époque et surtout l’Église : les Vikings auraient touché terre sur le continent nord-américain, et plus précisément au centre du Québec, avant d’autres explorateurs. Ce postulat, presque hérétique à cette époque, permet de traiter pas mal de sujet tels que la mainmise de l’église sur l’instruction, l’évolution des sociétés ou, par le prisme d’un jeune élève difficile, de la liberté d’apprendre. Et la morale qui s’en vient est cohérente avec le sujet et se révèle surtout belle en ces temps troubles : la jeunesse a le droit de rêver et de s’émanciper des traditions. « Le club Vinland » parle de sujets sérieux et graves mais sans trop de noirceur et s’avère être une belle leçon de vie en faveur de la liberté de choix, de penser et d’apprendre.
« Le club Vinland » dure plus de deux heures mais on ne voit pas le temps passer. C’est agréable et l’histoire est jolie à tel point que la fin nous prend au cœur, de force certes, mais quand même. Toute la distribution, enfants comme adultes, est investie et joue à merveille et la réalisation est tout sauf poussiéreuse bien que sujet et contexte auraient pu s’y prêter. C’est également plaisant à regarder, les plans élégants et conçus avec soin rendant l’image belle. Les valeurs mises en avant, le côté primesautier et madeleine de Proust ainsi que la douceur qui se dégage de ce long-métrage en font un parfait divertissement pour tous, de sept à soixante-dix sept ans. Du cinéma à l’ancienne en apparence, presque passéiste, mais au propos moderne pour un beau film bucolique et... classique.
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