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Le bus perdu

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3.5Très bon
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1 critique

Très bon
Rémy Fiers

Étouffant et bluffant.

Paul Greengrass est de retour aux affaires et avec ce qu’il sait faire de mieux : les récits tirés d’une histoire vraie qui vous clouent à votre siège, à l’instar de ces deux meilleurs films si l’on ne compte pas ceux opérés pour la saga « Jason Bourne » : l’immense et tétanisant « Vol 93 », sur le vol qui s’est écrasé le 11 septembre 2001, et le magistral et effroyable « Un 22 juillet », sur la double attaque terroriste perpétrée par un nationaliste (une bombe en ville et une fusillade sur des lycéens) en Norvège en 2011. Après s’être essayé avec peu de succès au western avec Tom Hanks pour « La Mission », qui était sorti en plein Covid, revoilà donc le cinéaste irlandais parti pour relater un événement tragique. Cette fois, il revient sur le plus gros incendie qu’ait connu la Californie en 2018 et plus particulièrement la trajectoire d’un chauffeur de bus scolaire et d’élèves coincés dans les flammes.

Greengrass choisit cette fois Apple pour sa seconde incursion dans le monde des plateformes (« Un 22 juillet » était fait en collaboration avec Netflix) et se voit doté d’un énorme budget pour ce film catastrophe. Et cela se voit, dans le bon sens du terme. Les effets spéciaux qui recréent le feu et ce gigantesque incendie sont proprement impeccables. On y voit que du feu (sans vouloir faire un mauvais jeu de mots) et chaque représentation des flammes, des départs d’incendie et des gigantesques couloirs de fumée est tellement réaliste qu’on étouffe avec les personnages. C’est immersif au possible et le cinéaste nous place véritablement au cœur des flammes comme l’argue le sous-titre de ce « The Lost Bus ».

Le long-métrage propose en plus en tête d’affiche l’un des meilleurs acteurs au monde en la personne du grand Matthew McConaughey. L’acteur de « True Detective » ou « Interstellar » montre encore une fois ici l’étendue de son talent et ses incroyables qualités d’acteur à l’aise dans tous les registres. En homme blessé et brisé qui va connaître l’enfer et la rédemption dans cette mésaventure terrible, il est encore une fois au-dessus de toute critique par l’excellence de son jeu. L’association d’un tel cinéaste doué pour les récits véridiques sous tension et d’un comédien de sa trempe procure les étincelles attendues (sans vouloir, encore, faire de mauvais jeu de mots).

Les deux heures que dure « The Lost Bus » passent vite et le film fait monter la tension crescendo même si quelques petites longueurs auraient pu être évitées. Notamment tous les passages censés être plus émotionnels où les personnages étalent leurs traumas. Ils alourdissent un peu le récit et font plaquer pour dire de rajouter du contenu larmoyant. Supprimés, ils auraient rendu cette œuvre encore plus dynamique et abrasive, uniquement destinée à la partie survie, elle, très réussie. Greengrass n’a pas son pareil pour filmer dans l’urgence et créer un suspense étouffant. Les péripéties immergées dans l’incendie sont en plus assez variées pour ne pas lasser et techniquement assez impressionnantes pour nous combler. Un bon film qui n’oublie pas de rappeler notre part de responsabilité dans ces incendies et surtout le film catastrophe de l’année (certes la compétition n’était pas très grande...).

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