Un drame qui manque de folie
Le concept d’une comédie noire, c’est de traiter un sujet tabou à la légère, de sorte qu’on ignore si on doit en rire ou s’en offusquer. Le meilleur exemple c’est Happiness de Todd Solondz. Kristoffer Borgli avait réussi son coup avec Dream scenario. Il tente de récidiver avec The drama, mais sans les excès de son film précédent.
J’ai bien aimé le concept à la Eyes wide shut, l’aveu banal qui vire à l’obsession. Mais passé l’intro assez réussie, on se retrouve dans un psychodrame que des adultes matures auraient réglé en 30 minutes. Il n’y a pas de folies, pas de retournements, pas de surenchères. Ça se veut subtil et profond, avec de belles performances d’acteurs. Le malentendu entre les 2 personnages relève presque du McGuffin.
Plusieurs trames du scénario n’aboutissent pas (la dj junkie, la sœur handicapée, l’amie furieuse) alors que tout avait été mis en place pour que ces personnages dynamitent l’histoire. À croire que le réalisateur a charcuté son scénario pour éviter de faire de l’ombre à ses 2 vedettes. Quant aux malaises, ils tiennent au fait que Zendaya joue dans un drame psychologique alors que Robert Pattinson est empêtré dans une comédie de situations.
Le résultat demeure sympathique grâce à une distribution fabuleuse, mention spéciale à Alana Haim (Licorice pizza) qui joue l’amie furieuse, véritable bombe à retardement désamorcée au montage. La réalisation de Borgli dramatise tout, même les situations les plus absurdes. Il en résulte un film qui se prend trop au sérieux.