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3.5Très bon
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1 critique

Très bon
Rémy Fiers

Good Suprise Combo!

Le genre de films qui débarque l’air de rien en salles et qui fait son petit effet en se révélant être une excellente surprise. Daniel Roher, réalisateur de documentaires chevronnés, met ici en scène son premier long-métrage de cinéma et c’est une réussite indéniable. Dès le générique et puis avec les premières séquences qui vont suivre, une sensation de « coolitude » s’empare du spectateur. « Tuner – Le Virtuose » présente un contexte original (celui des accordeurs de pianos), des personnages qu’on a envie de suivre immédiatement (un vieil artisan et son apprenti qu’il considère comme un fils) et une ambiance légère et enjouée. Ce long-métrage nous met d’emblée dans une position agréable et on embarque direct dans le récit.

L’autre force de cette première œuvre virtuose (choix de mot évident d’ailleurs pour son titre français) est de savoir jongler avec les genres dans une forme de fluidité presque parfaite. Puisque durant « Tuner – Le Virtuose » on papillonnera en effet de la comédie au film romantique et de l’étude de mœurs au suspense en passant par le film de braquage avec une maestria déconcertante. Ce cocktail de genres est parfaitement dosé. On obtient un savant mélange cinématographique aux différentes directions et tonalités se mariant entres elles avec une évidence presque magique. Il n’y a pas vraiment de baisse de rythme et on prend un plaisir non feint jusqu’à la dernière seconde. Les situations et dialogues sont parfaitement écrits et tout fait du sens. On va être, durant un instant, sous tension à cause de l’ouverture d’un coffre-fort qui tourne mal puis l’autre complètement ému par une scène sentimentale au raffinement certain. Puis on se retrouve à rire aux détours de quelques répliques bien mises en bouche en provenance du personnage joué par le trop rare Dustin Hoffman.

Les personnages dépeints ici sont également très bien imaginés et intéressants. De celui de Dustin Hoffman en mentor blagueur à celui de la conquête amoureuse qui va bien au-delà du faire-valoir en passant par la bande de gangsters juifs plutôt amusante, il y en a une belle galerie Mais c’est le prometteur Leo Woodal déjà vu, entre autres, dans « Nuremberg » qui impressionne le plus dans la peau du personnage principal. Celui d’un jeune accordeur de piano qui aurait pu être pianiste avec son oreille absolue mais qu’un problème auditif rend allergique aux bruits. Nuancé, avec un beau background et une occasion de se frotter à tout type de situations avec brio, voilà un personnage de cinéma marquant et touchant, avec ses défauts et ses qualités. Du lancement des enjeux jusqu’au dénouement on est donc conquis par cette belle surprise. On pardonnera donc une énorme coïncidence dans la dernière ligne droite qui voit arriver le guest Jean Reno. Un écueil qui facilite beaucoup trop la narration pour être honnête. Mais laissons cela au rang de détail pour apprécier le reste.

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