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La véritable Precious Jones

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7 critiques

Bon
Jschartrand

Pleurer la misère

Je dois l'avouer tout de suite, Precious: Based on the

Novel Push by Sapphire n'est pas un mauvais film et bénéficie de

plusieurs qualités cinématographiques indéniables, mais il appuie

tellement son côté misérable qu'il donne l'impression de nous y

immuniser plutôt que de profondément venir nous toucher, et pourtant,

c'est cela même qui semble avoir tant accrocher une bonne part de la

population quand à l'intérêt à apporter à ce film.

Avec

Shadowboxer, son film précédent qui était également son premier

long-métrage, Lee Daniels avait déjà démontré qu'il accordait un

intérêt pour les sujets qui sortent de l'ordinaire et accrochent des

tabous, mais également qu'il possédait une belle maîtrise technique

fort soignée. Sans s'éloigner, il poursuit sa lancée avec ici Precious:

Based on the Novel Push by Sapphire, bénéficiant d'un scénario plus

concluant et d'un aussi beau casting, seul défaut? Avoir exagérer

l'enrobage.

Déjà, juste au titre du film, il y a de sérieuses

questions à se poser. Après tout ce n'est pas la première fois qu'un

film se base sur un livre, mais pourquoi ce serait différent dans ce

cas-ci au point de l'indiquer de façon indélébile en handicapant du

même coup le film de ce titre beaucoup trop long et, avouons-le,

quelque peu ridicule? Bah on y voit que le désir d'attirer un large

public en évoquant le titre d'un best-seller, mais c'est déjà une

technique plutôt malhabile qui illustre finalement de belle manière

cette même façon qu'on y a d'utiliser à tort et de façon insistante de

nombreux ressorts qui ne servent qu'à extirper abusivement la

compassion et les larmes de son public.

Je dois l'avouer, face à

tout l'intérêt qu'on semblait annoncer partout au sujet de ce film (il

était tout de même supporté par Oprah notamment), j'ai été grandement

attiré et habiter d'un grand désir pour découvrir ce petit phénomène.

Après tout Sundance a permis une belle visibilité à de véritables

bijoux lors des dernières années. Cependant, une fois que j'ai

découvert la bande-annonce du film avant la projection d'un film

quelconque, ma hâte s'est rapidement retirée. Je sentais déjà en un

simple deux minutes toute l'exagération dans le malheur, dans le drame

excessif et la misère que le film allait exploiter. Ce, sans parler du

slogan du film d'une quétainerie, pas nécessairement assumée: "Life is

Hard. Life is Short. Life is Painful. Life is Rich. Life

is....Precious." Ouf!

Oui, je suis en accord, le sujet est grave

et en ce sens la direction artistique dépeint avec brio la dureté de ce

monde dans lequel la jeune Precious vit. Pas de superficialité ici, ce

qui est sale l'est vraiment, ce qui est gras est gras, ce qui doit être

rebutant l'est également. Monde sombre où la lumière ne passe que très

rarement, teint grisâtre ou même le soleil semble fade et une noirceur

accentuée pour la peau de la protagoniste lui donnant des airs de

malédiction. En ce sens, le générique d'ouverture, si on oublie ce plan

sur cette écharpe rouge qui virevolte sous un pont (?) est plutôt

ingénieux alors qu'on illustre rapidement la situation de la

protagoniste en écrivant les informations selon la phonétique, amenant

rapidement l'analphabétisme à l'avant-plan.

Toutefois, pour en

contrecarrer la lourdeur tout de même omniprésente, au-delà des touches

d'humour présentes ici et là, on ne manque pas de s'évader par-ci et

par-là vers la fantaisie même du personnage miséreux. Rêves

impossibles, richesse improbable, fantasmes inavouables, on y va dans

tous les sens, des airs de divas aux trottoirs diamantés, en passant

par les films jusqu'aux photos qui parlent pour lui révéler sa vraie

beauté (oui, on va jusque là..). D'accord, ça allège, mais ça

ridiculise en même temps et caramélise un film qui surprenait surtout

pour son manque de douceur.

Dès lors, le penchant bonbon se fait

sentir et on ne pourra plus vraiment s'en sortir, ce, jusqu'à ce

(petit) happy end qu'on nous offrira en dernier recours. Il faut dire

que dès en partant l'espèce d'ironie qui cohabite entre les nombreuses

circonstances de la protagoniste et son nom démontre le manque de

subtilité dont le film fait preuve.

Malgré tout à travers tous

ces sujets qui donnent parfois envie de se cacher les yeux et de fermer

notre esprit pour ne pas confronter autant de calamité, de l'inceste à

la violence, du viol à la pauvreté et j'en passe, il faut surélever le

fort potentiel de la distribution.

Si Mariah Carey

n'impressionne pas tant que ça durant ses dix minutes de gloire où elle

se cache derrière un physique dévalorisant et un air blasé et qu'on se

demande encore ce que Lenny Kravitz faisait dans tout cela, il faut

féliciter la justesse du jeu de Paula Patton et de Gabourey Sidibe qui

doivent parfois rivaliser avec des dialogues qui ne leur rendent pas

toujours justice. Mention également aux diverses actrices qui

interprètent les partenaires de classe qui offrent un penchant

humoristique et léger beaucoup plus juste que toutes autres tentatives.

Cependant,

la raison principale pour voir le film et la véritable mention qu'il

faut accorder au film, c'est la somptueuse, la puissante, l'incroyable

performance que livre Mo'Nique qui laisse découvrir enfin tout le

potentiel de ses capacités d'actrice. Elle cumule à elle seule tous les

moments de puissance, d'intensité, mais également de justesse grâce à

toute la complexité qu'elle donne à son personnage, permettant non

seulement de la détester, mais de se voir perturber par la vision qu'on

en a au fur et à mesure que se dévoilent à nous les véritables

motivations d'un tel personnage, soit celui de sa mère qui a tout pour

rivaliser et probablement triompher contre toutes les belle-mère des

classiques de Disney.

Ainsi on se trouve avec un film à la

puissance indéniable et aux intentions louables, sauf qu'en

transcendant le drame intense pour l'apitoiement excessif, ce malgré la

fin surprenamment optimiste qu'on nous livre, on a de quoi soupirer

lorsqu'on récapitule de façon inutile lors d'un dialogue toute la

misère du film dans le seul but de faire couler les larmes. Ça c'est de

la manipulation qui manque de classe et surtout de subtilité, soit le

défaut majeur du film.

On peut tout de même remercier de ne pas

avoir transformer le tout en un espèce de "freakshow" maladroit pour ne

miser que sur les tabous afin d'attirer l'attention, mais le reste est

trop grassement mené pour entièrement convaincre. Immunisé à trop de

lourdeurs on finit par ne plus être réellement impressionné par une

telle expérience tout de même allégée ici et là et à ne pas adhérer à

ce message final qu'on nous livre, soit, de toujours prendre la vie du

bon côté, de tout prendre de façon positive malgré tout ce qui peut

arriver, ce, même quand rien de pire ne semble pouvoir arriver (il faut

reconnaître que TOUS les malheurs semblent s'être abattues

inexplicablement sur l'inoffensive Precious, illustrant toutes les

injustices de ce monde) et que, malgré tout ce qu'on peut croire et

penser, il y a toujours quelqu'un qui nous aime et qui nous accepte

pour ce qu'on est que ce soit extérieur ou principalement intérieur.

Cheesy et un peu simpliste, il me semble.

En conclusion, un drame

intense et trop manipulateur pour être pleinement mémorable auquel on

doit accorder la juste réalisation et la direction artistique soignée

qui ne néglige rien, en plus des bonnes performances, Mo'Nique en tête

de liste, qui parviennent à donner beaucoup de potentiel et de vécu à

des personnages grassement écrits devant livrer des dialogues beaucoup

trop pré-écrits. Une expérience qui malheureusement ne marque pas et à

laquelle on a vite fait le tour.

Parfait

Échec complet

Parfait
kourkou

Pauvre Precious

Un des film les plus touchants,les plus durs et les plus intelligent de la dernière décennie.Les acteurs sont remarquables,surtout Gabourey Sidibe qui est exeptionnelle dans le rôle de Precious.Moi et ma grand-mère sommes allés de Laval à Montréal en métro pour le voir et nous ne le regrettons pas du tout.

Extraordinaire
klode

Parfait
jwascar

Très dur, mais à voir absolument

Pour ceux qui croient avoir la vie dure, détrompez-vous. Ce film, « La véritable Precious Jones », est la preuve que non. Ce film est sans aucun doute « le petit film » que personne n'attendait, mais qui se démarquera très certainement avec le temps. Le personnage principal, celui de Precious, est tellement misérable et à la fois réaliste, qu'impossible ne pas s'attacher à elle. En contrepartie, il y a le personnage de la mère de cette dernière, qui nous fait lui crier des injures tellement elle est méchante. L'année dernière, Heath Ledger a interprété l'un des vilains les plus mémorables, cette année c'est Mo'nique qui est venue interprété la vilaine de l'année. Elle fait peur!

Extraordinaire
marcelle

Quelle vie de malheur...

J'ai bien aimé le film à cause du jeu des actrices, celui-ci est très bon. Pendant le film, il y a des moments drôles quand on entend penser Precious et qu'on voit ses fantasmes, mais les moments tristes sont très présents à nous faire pleurer. Precious est une enfant qui a été maltraitée toute sa vie et qui décide à l'adolescence de continuer sa vie à sa manière. Elle est courageuse et a du caractère et je pense qu'elle peut se sortir de cette vie qu'elle n'a pas choisie. Quand on pense que ces faits arrivent dans la vraie vie, c'est l'histoire de beaucoup d'enfants abusés.... À voir.