On avait envie d’y croire à cette adaptation québécoise d’un roman éponyme. Surtout que le cinéma québécois est plutôt habitué (et doué) en récit initiatique mettant en scène des enfants en plein apprentissage de la vie. Du très drôle, léger et réussi « Jeune Juliette » en passant par le méconnu mais magnifique « Jouliks » de Mariloup Wolfe, on a déjà connu de bien belles réussites dans ce genre de film prisé par le cinéma florissant et garni de la Belle Province. Malheureusement, « La Petite et le Vieux » s’avère clairement moins convaincant. On retrouve cet aspect mignon et un long-métrage pavé de bonnes intentions mais la sauce prend moins que dans d’autres œuvres du genre. Pire, après une première partie à laquelle on laisse le bénéfice du doute, qui se regarde honnêtement mais sans grande passion, l’ennui pointe le bout de son nez. On peut pointer du doigt la faute sur un script qui s’éparpille sur plein de sujets et thématiques diverses mais sans vraiment en investir aucune. Certes, on accordera à « La petite et le vieux » de traiter de sujets lourds et durs tels que l’alcoolisme, la maladie ou la précarité de manière accessible pour tous mais cela n’en fait pas des moments creusés et pertinents pour autant. On a du mal à trouver un quelconque point d’accroche narratif sur la durée du film.
La jeune actrice qui joue le rôle principal est un excellent choix de casting et elle tient le haut de l’affiche avec aplomb et la dragée haute à ses compagnons de casting, notamment Marylin Castonguay et Vincent-Guillaume Otis, tous deux très bien. En ce qui concerne Gildor Roy, il colle parfaitement à ce rôle de vieux bougon vulgaire mais le patois québécois, voire l’ancien argot, qu’il emploie fait que toute personne non québécoise ne va pas saisir grand-chose de ce qu’il annone. Sans sous-titres, on ne comprend pas la moitié de ce qu’il dit et c’est chose rare dans le cinéma québécois qui a tendance à vulgariser en général la langue de Molière pour le cinéma de manière à ce qu’elle soit compréhensible pour tous. Cela refait un peu pareil que pour le « Mummy » de Dolan ou là c’était le parler jeune qui posait problème. Ici, si on ne manie donc pas le français du Québec d’antan, la compréhension s’avère donc ardue. Et il faut avouer que si la complémentarité entre cette jeune fille et son vieux voisin est correcte, il n’y pas assez de liant et de moments partagés pour véritablement plonger (et adhérer) à leur relation et leur complicité qui apparaît tard et se termine tôt au sein du film. En outre, il semblerait que « La Petite et le Vieux » s’adresse avant tout à deux publics en oubliant les autres : les enfants et adolescents d’abord et le troisième âge ensuite. Pour les autres, c’est mignon, bien reconstitué et non dénué de quelques séquences amusantes, émouvantes et/ou sympathiques mais rien qui marquera particulièrement le cinéma québécois et encore moins le cinéma tout court.
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