L'Exorciste version Momie.
On en attendait beaucoup de cette relecture purement horrifique du mythe de « La Momie », illustre créature du catalogue Universal maintes fois adapté sur grand écran. Si pour les moins de cinquante ans, c’est la saga familiale très réussies portée par Brendan Fraser et Rachel Weisz qui leur restera en mémoire (et dont un quatrième opus est prévu pour l’an prochain), il y a eu quelques adaptations plus horrifiques (et cultes) au siècle passé. Un chemin que va prendre « Le réveil de la Momie ». On fera l’impasse sur la tentative d’univers partagé avec tout le catalogue de monstres de la firme qui avait été inauguré par « La Momie » avec Tom Cruise. Un blockbuster de sinistre mémoire et l’un des pires résultats au box-office de l’acteur qui a enterré cette idée pour de bon laissant le Loup-garou ainsi que Docteur Jekyll et Mr. Hyde ou autre Dracula faire leurs affaires chacun de leur côté. Ici, on fait donc le choix du film d’horreur pur (le film a écopé d’une rare « interdiction aux moins de seize ans ») et on peut aisément dire que le contrat est rempli haut la main.
Mais quand on sait qui est à la barre, c’est peu étonnant. En effet, Lee Cronin à qui l’on doit le second opus du reboot de « Evil Dead » initié par Fede Alvarez nous avait déjà bien impressionné avec « Evil Dead Rise ». Intense, extrêmement gore et violent, le long-métrage était une petite claque de méchanceté et d’horreur, sans garde-fou aucun. Et il applique ici sa recette et les mêmes ingrédients à cette réinterprétation de l’une des créatures les plus anciennes du cinéma d’exploitation. Alors ici, pas d’aventures dans le désert et de momies à bandelettes mais une malédiction ancestrale qui va détruire à petit feu une famille et la confronter aux pires de l’horreur. « Le réveil de la Momie » est très bien écrit. De son prologue en passant par la première partie qui suit en Égypte, où on retournera deux ou trois fois par l’intermédiaire du personnage de la policière (peut-être le moins réussi et le plus caricatural du film), au reste de l’action dans cette maison isolée dans le désert du Nouveau-Mexique, l’intrigue prend son temps pour planter son décor, ses protagonistes et les enjeux. Mais c’est le temps qu’il faut et c’est fait de manière efficace.
Un film d’horreur qui dure plus de deux heures, il faut avouer que c’est assez rare mais le long-métrage ne souffre d’aucune longueur. Cronin parvient à faire monter la tension crescendo, commençant par de petites touches fantastiques et quelques saillies horrifiques savamment distillées. Dès que la fille kidnappée réapparaît, sortie d’un sarcophage et couverte de chaires abîmées, le malaise s’installe. Les maquillages sont terrifiants et cette momie, modernisée avec beaucoup d’intelligence pour nous traumatiser, fait vraiment peur. Cronin ne lésine pas sur les séquences chocs tout en nous captivant par l’enquête sur l’origine de la malédiction. Il soigne sa mise en scène et ses effets sont majoritairement excellents, comme lors de l’utilisation de ces cadrages ultra rapprochés. « Le réveil de la Momie » est un film qui a de la gueule et qui nous plonge dans l’angoisse et le malaise avec brio.
Puis vient le dernier quart du film où Cronin décide d’aller encore plus loin. On était pourtant déjà pas mal bousculé par tout ce qui a précédé mais quand la malédiction s’empare de toute la famille, c’est le carnaval du gore sans qu’à aucun moment ce soit trop (en tout cas pour les amateurs) ou ridicule (c’est toujours terrifiant). On n’est clairement pas dans la trouille a deux francs six sous de certaines productions Blumhouse du type « Oui Ja » ou « Insidious ». Ici, c’est extrême, viscéral, ultra violent et gore. En un mot (enfin deux) : « Le réveil de la Momie » est sans concession et jusqu’au-boutiste dans la manière de tourmenter les chairs, les personnages et le spectateur. Alors oui, le film ressemble plus à un film de possession du type « L’Exorciste » ou « The Conjuring » premier du nom mais en bien plus sanglant. Et comme le résultat est vraiment dérangeant, abouti et excellent, on ne va pas s’en priver.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.