Feel (pas tant) Good Movie.
Franchement, on part conquis et le cœur ouvert à être emporté par ce feel-good movie assumé prêt à tout pour nous plaire. Le décor de la ville canadienne principale de la province du Manitoba est inusité et le fait de prendre des immigrés sud-coréens en tant que personnages principaux avec choc des cultures à la clé est peu commun et prometteur. « La Mère et l’Ours » part donc sur de bons auspices avec un contexte « exotique ». Le mélange de gravité et de légèreté dans les prémisses semble bien dosé et le personnage principal de cette mère qui accourt suite à l’accident qui plonge sa fille dans le coma est directement sympathique. Comme le scande l’affiche, « un cœur s’endort et un autre se réveille », et c’est effectivement cela qui va se passer avec le parcours de cette maman qui va découvrir la vie de sa fille expatriée dans cette province glaciale en pleine hiver au gré des rencontres. Au début, il y a quelques situations amusantes puisque - forcément - le mode de vie canadien est diamétralement opposé à celui des coréens, notamment traditionnels et d’un certain âge. Mais on va vite se rendre compte qu’hormis le cadre hivernal de Winnipeg et une petite immersion dans la culture coréenne, ce long-métrage est parfaitement anecdotique et ne tient pas ses promesses.
D’abord, la réalisation de Johnny Ma est peu emballante. Que « La Mère et l’Ours » eut été diffusé comme un vulgaire téléfilm d’après-midi sur une chaîne du câble ne nous aurait pas choqué outre mesure tant les images sont plates et peu inspirées si ce n’est quelques tentatives déjà datées (les inserts sur l’écran par exemple). Ensuite, c’est quand même un peu lent voire monotone, le film aurait mérité un montage plus dynamique et gagné à moins étirer certaines séquences totalement anodines. Et puis il faut avouer que le long-métrage regorge de facilités et de coïncidences. Alors, certes un feel-good movie peut-être se le permettre mais quand on est déjà peu motivé par ce que l’on voit à la base, cela n’aide pas. On a également une sorte d’analogie très maladroite avec l’ours dont la symbolique en Corée est assez forte. Et puis, finalement, les enjeux de l’intrigue se concluent d’une drôle de façon avec un épilogue un peu étrange. Mais le plus désolant avec ce petit film très oubliable, c’est que l’humour est finalement très peu présent et que l’émotion n’est véritablement jamais au rendez-vous, ce qui est assez problématique pour une comédie dramatique censée réchauffer les cœurs et faire sourire. Alors si ce n’est la motivation de l’actrice principale Kim Ho-Jung, rien de bien transcendant ici, il ne sera donc pas très grave de passer son chemin!
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