Remake sympa mais inutile.
Certains doivent se souvenir de ce thriller de série qui avait connu un petit succès au cinéma et un gros succès lors de ses multiples rediffusions télévisées dans les années 90. Au point même d’atteindre un statut de culte chez certaines personnes. « La Mains sur le berceau » premier du nom entrait dans la case de ce que les annonceurs appelaient à l’époque, les suspenses pour ménagères de moins de cinquante ans. Appellation réductrice qui n’a plus trop de sens aujourd’hui mais on parle de ces thrillers conjugaux ou dans le cadre domestique qui parlaient davantage au public féminin. Réalisé par un vieux briscard hollywoodien, Curtis Hanson, et avec deux actrices disparues des radars, Rebecca de Mornay et Annabelle Sciorra, la version 1991 a pris un sérieux coup de vieux. Alors, pour une fois, pourquoi pas un remake puisque notre société a beaucoup évolué sur le versant social? Si parfois (enfin souvent), refaire le même film n’a vraiment pas de logique si ce n’est l’appât du gain, autant ici cela aurait pu avoir du sens. Le résultat de cette version 2025 n’est pas déshonorant, bien au contraire, mais il n’a finalement pas vraiment de raison d’être car il ne se démarque pas assez de la version originale. On déplore autant de défauts que de qualités et l’ensemble reste trop lisse, formaté et prévisible pour convaincre totalement. Il n’empêche, ça reste un sympathique divertissement du samedi soir.
En premier lieu, on peut louer une mise en scène soignée de la réalisatrice du film d’horreur mexicain « Huersera », inédit en salles. Les images qu’elle nous a concocté restent en phase avec ce type de suspense domestique mais il manque peut-être d’une atmosphère plus étouffante et anxiogène. On a du mal à se souvenir du film original mais une intrigue comme celle-là aurait peut-être mérité un climat plus angoissant. En revanche, le nouveau casting est intéressant. Mary Elizabeth Winstead tient parfaitement la corde raide du rôle principal entre folie et suspicion et Maïka Monroe, nouvelle reine du cinéma de genre entre « Longlegs » ou « It follows », demeure très sobre mais inquiétante dans le rôle de la baby-sitter pas claire. Dans un second rôle tapisserie, Raul Castillo demeure en revanche bien terne. Le problème des deux films reste le fait qu’on sache d’emblée que la nounou cache quelque chose. Le mystère vient donc ici du comment et du pourquoi. La révélation est assez bien amenée et l’épilogue bien sanglant est réussi. Il faudra juste passer quelques invraisemblances de comportements et de réactions tout le long du film pour s’en délecter. « La Main sur le berceau » est donc une actualisation plaisante qui se regarde comme une petite série B des familles même si on risque de vite l’oublier.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.