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La disparue de la cabine 10

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Rémy Fiers

Agatherie (Christie) maritime et moderne.

On ne va pas se leurrer, il est peu probable que « La disparue de la cabine 10 » reste longtemps dans les mémoires de ceux qui l’ont vu. Ce n’est clairement pas une production Netflix que l’on qualifierait de prestige (sous-entendu à récompenses) ou censée marquer la programmation de la plateforme (high concept et gros budget), plus une proposition générique comme on en voit beaucoup, de milieu de gamme. On n’est pas non plus dans cet océan de séries B ou Z nazes avec lesquelles la firme au N rouge nous abreuve en quantité. Voilà un film qui fera partie du haut du panier de cette catégorie médiane, celle des divertissements sans grande prétention mais loin d’être de seconde zone.

Simon Stone, qui avait déjà offert à Netflix le très estimé et apprécié « The Dig » avec Ralph Fiennes et Carey Mulligan, se lance dans une sorte de suspense en presque huis-clos où tout le monde est suspect. On est à cheval, sur le principe, entre les écrits d’Agatha Christie et les itérations plus contemporaines de Benoît Blanc dans les « À couteaux tirés ». On se retrouve sur un bateau de luxe où le personnage principal va être témoin de ce qu’elle croit être un meurtre. Pour elle, tout le monde est suspect mais on la prend pour une folle. Il y a aussi beaucoup de ces films tirés de romans comme « La fille du train » ou encore « La femme à la fenêtre » ici, ces productions pour ménagères de plus de cinquante ans comme on disait avant. « La disparue de la cabine 10 » se situe donc entre tous ces exemples et s’avère plutôt maîtrisé dans ce qu’il propose en étant une proposition tout sauf déshonorante.

Ce yacht ultra luxueux est un décor de rêve surtout qu’il navigue dans les magnifiques fjords de Norvège. Stone optimise impeccablement tous les coins de ce bateau et exploite parfaitement ce décor exigu et ultra moderne tout comme il nous gratifie de sublimes images sur ces bijoux de la nature scandinave. L’ambiance fait penser à l’excellente série « Un meurtre au bout du monde » par ce contexte de personnages riches et/ou célèbres qui se retrouvent dans un endroit isolé avec un meurtre sur les bras. La mise en scène est stylisée et agréable à l’œil tout comme le suspense est au rendez-vous. Le film a le bon goût de ne pas durer plus d’une heure et demie et c’est parfait, car plus aurait été trop. On se gargarise aussi d’un casting intéressant où les seconds rôles ne sont cependant pas très bien exploités. Par exemple, Kaya Scodelario (la série « The Gentlemen ») et Hannah Waddingham (« Ted Lasso ») font juste office de figurants de luxe et ont malheureusement peu à jouer.

« La disparue de la cabine 10 » capitalise de ces atouts pour nous divertir et nous faire passer un bon moment de détente. On a envie de savoir ce qui se passe vraiment et le film parvient à nous faire douter de la santé mentale de l’héroïne. Mais, au final, le dénouement proposé est un brin tarabiscoté et il y a quelques invraisemblances notables. On dirait que le long-métrage suit un déroulement obligatoire avec son twist inattendu certes, mais peu crédible. Et puis, on ne peut nier que tout cela sent le réchauffé et que c’est le genre de film de série qu’on a l’impression d’avoir déjà-vu et parfois (souvent?) en mieux. Cette absence de surprise dans l’ensemble nuit à la totale réussite d’un divertissement sympa mais sans prise de risque et qui sera probablement vite oublié.

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