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La danse des renards

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3.5Très bon
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Très bon
Rémy Fiers

Danse avec les loups.

Petit coup de cœur pour ce premier film belge aussi singulier que réussi. Pourtant, Valéry Carnoy pose le décor de son film dans un milieu à priori déjà vu sous bien des angles : celui de la boxe. En effet, les œuvres sur ce sport – et ceux de combats en général – sont légion, de l’immense « Warrior » à la saga « Rocky ». Cependant, il en bouge les lignes de manière significative en le positionnant dans un internat sportif, un lieu où s’entraînent des jeunes pour des compétitions. Le script, plus proche du récit d’apprentissage anxiogène, ne prend d’ailleurs cette discipline que comme un contexte qui va catalyser une suite de problèmes suite à l’accident du personnage principal. Ce n’est donc pas vraiment la compétition ni le parcours physique de ce dernier pour gagner (ou pas) qui intéresse le cinéaste. Non, cette histoire parle surtout d’une amitié forte entre deux garçons (et sans aucune tension sexuelle) et du masculinisme inhérent à ce milieu, virant à la toxicité.

« La danse des renards » (très joli titre fort à propos, indexé sur un certain symbolisme étonnat en rapport avec cet animal) est portée par une troupe de jeunes acteurs plus vrais que nature. Alors oui, les protagonistes sont d’origine très diverse (conforme à la mixité sociale actuelle) et on parle ici comme dans les cités, ce qui pourra agacer. C’est cependant réaliste et on ne serait pas étonné que ce soit même pire dans la réalité. En attendant, ce long-métrage venu de Belgique peut compter sur ses jeunes comédiens non professionnels et méconnus très doués du côté des seconds rôles pour un effet de groupe plus que pertinent. Cependant, c’est Samuel Kircher (frère de Paul) dans le rôle principal qui dévore l’écran. Après son rôle casse-gueule dans « L’Été dernier » de Catherine Breillat où, à seize ans, il vivait une histoire d’amour interdite avec Léa Drucker, il nous gratifie ici de sa présence animale et sauvage pour ce petit film attachant, aux émotions puissantes et délivrées toute en finesse. Le jeune comédien a un charisme incroyable et il impressionne dans cette prestation complexe. Il parvient à faire ressentir des sentiments contradictoires ainsi que ses souffrances psychologiques et physiques avec beaucoup de nuances. Impressionnant.

Carnoy développe donc par petites touches comment des égos, l’effet de groupe et des comportements masculinistes vont petit à petit perturber une amitié forte entre les deux garçons, parfumée de rivalité. Un engrenage relationnel et viril ô combien toxique et bien campé à l’écran. Tantôt drame psychologique pour ensuite se muer en chronique adolescente ou en film sportif, « La danse des renards » convoque parfois même les atours du suspense avec sa musique angoissante. La réalisation, naturaliste et presque documentaire, se met au plus proche des personnages et de leurs ressentis. Le film reste toujours focalisé sur le point de vue de Camille et dresse le portrait d’un jeune homme en plein questionnement physique, sentimental et existentiel. Simple mais beau, le film enchaîne les petits instants de grâce, naturels et puissants, avec d’autres plus intenses et durs. Ce n’est pas parfait mais, pour une première œuvre, c’est une jolie découverte.

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